Si en attendant de retrouver une certaine forme d’innocence, le groupe s'interroge sur le futur d'un monde qui soutient l'individualisme, LOFOFORA revendique le besoin de rester dans la rébellion et d'être considéré à tout jamais comme un adolescent attardé.
La crise, le racisme, les exclusions, la politique et le néo-libéralisme... sont d'autant de sujets que LOFOFORA traite depuis ses débuts. Très vite, la plume de Reuno s'est affinée. Les textes se sont faits plus réfléchis et LOFOFORA a progressivement lâché les formules toutes faites au profit de paroles matures ancrées dans le constat, la réflexion et l'existentialisme. L'Epreuve du Contraire n'échappera pas à ces règles. Ce n'est d'ailleurs pas encore cette fois-ci que LOFOFORA nous écrira une chanson d'amour. Que du contraire, sa conception d'une romance semble assez radicale.
C'est en quatorze jours que les Français ont enregistré leur huitième album. Soit un titre par jour afin de conserver une rage primale et une interprétation brute. Comme pour son précédent album, Monstre Ordinaire, LOFOFORA a donné sa confiance pour mettre en boîte ses états d'âme à Serge Morattel.
La fougue du précédent album démontrait que l'âge et le temps n'avait pas d'effet sur le groupe. L'Epreuve du Contraire affiche encore quelques années supplémentaires, pourtant LOFOFORA semble en forme comme jamais. L'écriture se veut tout aussi radicale que posée. Le ton est grave et il se met à l'heure de l’existentialisme. Il en résulte des textes interrogateurs à la fois accessibles et pertinents. Si la fusion métallique reste le terrain de jeu musical du groupe, LOFOFORA s'est aussi retrouvé, à plusieurs reprises, avec ses racines Punk dans cet album. Cet équilibre combiné permet à LOFOFORA de nous offrir l'un de ses meilleurs albums où il renoue pleinement avec le viscérale. LOFOFORA parle avec ses tripes... à nos tripes.

Lofofora