Clairement, Pig Destroyer a choisi de proposer quelque chose de différent en ralentissant complètement le tempo pour se rapprocher de la scène Drone. Sur le papier, pourquoi pas finalement : Pig Destroyer reste un groupe inventif et les voir se confronter à un autre style, sorti de leurs sentiers battus, pouvait donner un résultat intéressant. Pour autant, il ne s’agit pas d’applaudir à deux mains sous prétexte que le groupe prend des risques.
Car le résultat est au final assez moyen. Le premier titre, Mass, s’étend sur 19 longues, très longues minutes, faites de plusieurs textures : riffing assez simple (voire larsen unique), flûte, basses profondes, quelques grognements... La batterie n’arrive qu’au bout de 4 minutes, introduisant une première variation sans que le morceau ne décolle vraiment par la suite, excepté peut-être avec ce riff Doom / Sludge qui colore un peu ce mouvement assez lourdingue au final. Un manque de consistance certain, pour un résultat qui peine à soutenir la comparaison avec un Sunn O))), sans même parler d’un Sleep (et la référence Dopesmoker).
Volume lui est plus rapide, plus digeste, sans pour autant compléter Mass de façon salvatrice. Basé aussi sur un riff lourd et une batterie assommante, l’effet est ici plus réussi et donne davantage envie d’appuyer sur la touche replay. Maigre consolation pour cet EP finalement moins consistant que la durée ne le laissait paraître.
Le travail réalisé par Pig Destroyer sur ces deux morceaux surprend, mais manque un peu de cohérence pris ainsi, séparément sous format EP. Peut-être le rendu aurait-il été meilleur au sein d’une édition spéciale de Phantom Limb ? Difficile à dire. A réserver aux fans assidus.
sludge, drone, phantom limb, sleep

Pig Destroyer
