Inspirés par Immolation, Incantation et la scène suédoise old school, les Grecs de Dead Congregation avaient effectivement mené Graves of the Archangels de main de maître. Capables de contrebalancer leurs prouesses techniques avec une atmosphère des plus poisseuses, tout en sonnant des plus justes, Dead Congregation se plaçait illico parmi les groupes alliant forte personnalité à aisance technique bien au-dessus de la moyenne.
Créer un album aussi complexe tout en parvenant à rendre ses riches subtilités audibles et aussi délectables n’est pas le fruit du hasard. Dead Congregation s’est doté d’objectifs artistiques élevés, en mettant tout en œuvre pour y parvenir. Et, contrairement à d’autres, rien chez eux ne sonne maladroit, forcé ou rajouté.
Les variations de tempo alliant les traditionnelles charges Death Metal aux relents les plus Doom doivent autant au métronome Vagelis Voyiantzis (dont la batterie a un rendu plus sec que précédemment) qu’à la capacité du reste du groupe de s’articuler autour d’une épine dorsale rythmique qui respire la stabilité. De quoi permettre à chaque morceau de toujours repartir sur les bons rails, quel que soit le changement de plan amorcé ou achevé.
Que dire également des guitares ? L’ouvrage laisse rêveur : les riffs sont massifs, féconds, les solos ne sont jamais trop longs ou trop complexes. Ces âcres harmoniques typiques Dead Congregation abondent également, toutes très justement employées, et de manière à servir les chansons davantage que démontrer les capacités techniques (évidentes) des guitaristes T.K et Anastasis Valtsanis.
La folle et sombre cohérence dont jouit musicalement Promulgation of the Fall sert l’atmosphère si particulière que Dead Congregation confère à sa musique. Menaçant, ce maelstrom sonique poignarde littéralement jusqu’à désorienter. Les vocaux de Anastasis Valtsanis, qui ne sont cette fois pas rehaussés de chants orthodoxes, participent férocement à la création, à la dépression de ce climat troublé : ses growls profonds semblent en appeler au tourment le plus sinistre.
Extrêmement riche, d’une unicité insensée (l’album se construit comme si un seul morceau avait été découpé en plusieurs chapitres), Promulgation of the Fall contient tout ce que l’on peut attendre des meilleurs albums de Death Metal : sauvage, fort, technique, troublant. Une œuvre aussi ténébreuse que l’endroit où vous devez écouter cet album. A volume sonore élevé. Très élevé.
death, doom, black, metal, grèce, Athens

Dead Congregation
Immolation