Mais n’ayant pas eu l’objet entre les mains, nous allons "simplement" revenir sur cette première sortie du duo américano-colombien, formé il y a presque dix sept ans maintenant. Une première sortie qui frappait fort, bien qu’éloignée du carcan Thrash des premières démos du groupe, créé en Colombie par Dagon (chant, guitare) en 1989. Inquisition sortait en effet alors trois démos, avant que le déménagement de Dagon aux USA en 1996 ne vienne clore ce "premier chapitre", ainsi qu’il le dénomme. Dagon rencontre le batteur Incubus en 1997 et l’année suivante la paire sort ce premier véritable album, Into The Infernal Regions Of The Ancient Cult.
A une époque où de nombreux groupes prônaient une certaine radicalisation du style, Inquisition proposait lui une formule plus aérée, mais très personnelle. Cet album était en effet la première pierre de l’édifice Black Metal bâti par Inquisition, pour en faire aujourd’hui un des groupes les plus importants de la scène. La formule était déjà posée, avec cet ensemble aussi addictif que terrifiant formé par des riffs âpres, mais mélodiques, combinés à un jeu de batterie varié où les blasts incessants s’articulent au sein de passages sombres, magnifiés par les croassements grinçants de Dagon – sa voix très grave était déjà, et reste, une des marques de fabrique du groupe.
Rappelons-le, le duo évoluait alors (et évolue toujours depuis !) sans bassiste. Pourtant, Dagon parvenait dès cet album à créer un son épais où surnagent admirablement de magnifiques arpèges, très nombreux, au sein de riffs plus traditionnels. Les compos sont à la fois entrainantes et écrasantes (Those Of The Night, encore dans la setlist du groupe aujourd’hui), sans s’avérer vraiment malsaines, bien que la fin de l’album se veut beaucoup plus lente et oppressante (Solitary Death In Nocturnal Woodlands et Hail The Cult).
Avec ce premier album, Inquisition tapait dans le mille et trouvait directement sa personnalité. Pas parfait (la prod, la fin de l’album - plutôt long - en complet décalage avec son entame, quelques maladresses curieuses en regard de l’efficacité des dernières sorties), Into The Infernal Regions Of The Ancient Cult doit néanmoins être absolument découvert par les fans plus récents du groupe pour son côté historique et ses qualités intrinsèques.
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