Pour HELL-O-TIKI, il y aura probablement un avant et un après Tiki Twister. Ce disque est l'expression de sa maturité. Si on retrouve les ingrédients qui ont forgé l'identité du groupe lors de ses précédents disques, on entend surtout un HELL-O-TIKI qui exploite avec précisions et dextérité ce qu'il a construit auparavant.
HELL-O-TIKI est allé chercher de nouveaux ingrédients pour épicer son style avec l'apport de Vega de Venus mais aussi avec le saxophone (Tiki Boogie, 47... Why 47 ?). Il élargit également sa palette musicale, débordant plus largement des reverbs habituelles et de l'énergie hérité de ses deux premiers amours.
La production de l'album est également à souligner. Cette dernière conserve l'urgence punk mais apporte un soin à ce que chaque instrument se distincte et surtout que les nombreuses nouvelles idées se faufilent naturellement parmi les compositions. La musique de HELL-O-TIKI faisant souvent le grand écart entre un minimalisme épuré et un tous ensemble pour un maximum de bruit, l'équilibre n'a pas du être aisé à trouver.
Habitué des reprises, HELL-O-TIKI a choisi cette fois, Goodbye Horses de Q LAZZARUS. Si elle éveille moins de curiosité qu'une reprise de SLAYER, KIM WILDE ou MADNESS (PRINCE BUSTER), ce titre n'est pourtant pas inconnu de notre inconscient collectif puisqu'il avait bénéficié d'un coup de promo grâce au film Le Silence des Agneaux.
A l'écoute de Tiki Twister, on mesure que le groupe avait jusqu'ici des idées plein le tiki mais qu'il n'avait pu les exprimer à la hauteur de ses envies. Le groupe qui séduisait déjà par son style et ses influences Surf tout en débordant d'énergie, place la barre très haute pour la suite. Il ne manque maintenant plus à HELL-O-TIKI que des occasions pour abattre ces 10 cartes qui ne peuvent que faire mouche.

Hell-O-Tiki
Slayer
Madness