Du point de vue de la production, Satan n’a aucunement cherché à changer son fusil d’épaule et Atom by Atom ressemble en tout point à Life Sentence. Ce qui est une très bonne chose. Les instruments respirent en effet le vintage brut d’époque, sans que le son ne paraisse fade ou dépassé, bien au contraire. L’ensemble possède même un feeling ‘live’ très appréciable, jusqu’au chant de Brian Ross qui se voit traité avec le juste niveau de reverb’ qui lui sied.
Il faut dire que, outre sa capacité mélodico-dynamique pouvant plaire à tous les types de metalheads, l’une des forces de Life Sentence résidait dans l’organe vocal de Brian Ross. C’est d’ailleurs lui qui introduit ce nouvel album de son cri perçant, pour un Farewell Evolution speed comme il faut, sorte de réminiscence actualisée du début des années 80 dans ce qu’elles avaient de meilleur. Intemporelle, la voix de Ross le rend capable d’atteindre des aigus élevés tout comme d’évoluer dans ce riche milieu de gamme sonore, rappelant en cela le Court in The Act de 1983. Tout aussi contagieux, le midtempo Fallen Savior et son refrain-hymne n’appellent qu’au singalong, à la communion avec Satan lors des prochains live du groupe.
Autre réussite de cet album, la qualité de la relation entre Steve Ramsey et Russ Tippins, que l’on retrouve dans le niveau des harmonies de guitare, le travail sur les arrangements - parfois presque Prog - et ce riffing technique, ces solos qui pourraient servir à définir le Heavy actuel. Ainsi, Ruination, qui n’oublie en rien le côté entraînant du groupe, le plus Thrashy In Contempt ou le délicieux morceau éponyme nous font nous demander sérieusement comment le groupe a pu en garder autant sous le coude.
Pour autant, et s’il constitue donc un excellent album, Atom by Atom peine à se hisser au même niveau que son (déjà !) glorieux prédécesseur. C’est peut-être à mettre au débit d’une deuxième face moins florissante (My Own God) ou d’une certaine forme de redondance (Bound in Enmity), mais après de multiples écoutes on ne ressent plus le petit truc en plus que Life Sentence parvenait à procurer. L’effet comeback étant passé peut-être... Mais, si à l’image de la fabuleuse conclusion (The Fall Of Persephone) nous avons (re)gagné un groupe mirifique sur la durée en complément d’un simple comeback éclair, alors je crois que nous en ressortons pleinement gagnants.

Heavy, UK, comeback, thrash, speed, metal
Satan