Le disque est presque 100% made in India. En effet, c'est par chez eux, au studio Ardash Recordings que le groupe s'est enfermé 10 jours pour enregistrer Invoke The Bizarre. Et c'est finalement en autoproduction que BEVAR SEA part à la conquête du reste du monde en ayant toutefois confié le mixage et le mastering à l'oreille occidentale de Matt Lynch de Los Angeles.
Avant de s'aventurer à l'ouest de chez eux, BEVAR SEA s'est d'abord fait la main avec un premier album éponyme sorti en 2012 et de nombreuses répétitions depuis sa création aux alentours de 2007 – 2008 arrivant même à intéresser le prestigieux Maryland Deathfest américain.
Une fois l’exotisme de l'instant dépassé, on peut s'intéresser plus objectivement à ce disque. Techniquement BEVAR SEA maîtrise son sujet et la formation laisse entendre qu'elle sait où elle désire aller avec sa musique. On entend clairement cette volonté identitaire dans ce son typiquement 70's.
Le souci majeur de BEVAR SEA est peut-être d'oublier que nous sommes en 2015. Dès lors son disque, une fois encore techniquement bien exécuté, sonne comme un mauvais cross-over qui ne réussit pas à se positionner clairement entre cette vision passéiste et cette envie de développer une atmosphère pesante. Il manque une dose de gras à la sauce SAINT-VITUS chez BEVAR SEA.
Il serait nécessaire de se procurer le premier disque du groupe, confié, cette fois, à Billy Anderson (SLEEP, HIGH ON FIRE...) afin de comparer si ce dernier a réussi à imposer une touche plus moderne au style du groupe.
BEVAR SEA possède d'excellentes qualités de compositeur. On ne peut pas dire que les six titres qui forment le deuxième album soient inintéressants. Que du contraire et on comprend d'ailleurs l'intérêt que la formation a suscité.
Dommage que le disque semble sorti d'une toute autre époque, ne s'adressant qu'à une franche nostalgique du genre. Un constat qui atteint même un certain mauvais goût sur The Grand Alignment où l'on entend comme un vieux METALLICA.
Bevar Sea
Saint Vitus
