Ensembles depuis 1999, ces trois filles mettent en fait l'accent sur le minimalisme et les répétitions hypnotiques de leur musique instrumentale. Clairement à l'opposée de mes craintes, le trio reconnu par un public averti grâce à ses tournées internationales, a bénéficié finalement de peu d'attention de la part des médias.
Ce nouvel album tire son nom de l'enregistrement opéré avec le célèbre producteur Dub Adrian Sherwood. Le N pour le trio, le A pour le producteur. NISENNENMONDAI défie comme à son habitude les codes d'utilisation de la formule guitare/basse/batterie tandis que Adrian Sherwood, heureusement dans la retenue, apporte d'ingénieuses touches de Dub aux compositions simplement numérotées.
Ainsi, bien que particulière à appréhender, la formule des Japonaises reste intacte. C'est d'ailleurs plus dans sa démarche que la musique du trio s'apparente au Post-Rock qu'à la forme attendue par convenance. Sur un rythme technoïde, la basse et la guitare proposent une succession de bruits, spirituellement Noise, mais complètement décalés et étranges. Ce côté sec et répétitif, en matière de Post est d'ailleurs plus Punk que Rock et c'est à un mélange de BATLLES et WIRE que je pense à l'écoute de ce disque.
Composé de cinq plages et de deux bonus live, #N/A est à la musique ce qu'est à la lumière, le stroboscope. Egalement à déconseiller aux épileptiques, la musique de NISENNENMONDAI possède aussi un puissant pouvoir hypnotiseur qui m'a fait abandonner l'écoute du disque en voiture après avoir manqué de prendre un sens unique dans une rue empruntée pourtant chaque jour dans le bon sens.
Comme expérience unique, le disque se révèle fort intéressant. S'agissant du premier album écouté en ce qui me concerne, j'émets toutefois des réserves sur le degré d'intérêt que je pourrais avoir sur l'ensemble de la discographie passée et à venir. La surprenante démarche perd de son impact avec les répétitions.
D'autant que stylistiquement, la musique de NISENNENMONDAI peut s'avérer également agaçante sur la longueur. Séduit par la démarche, hypnotiser par les sons, les répétitions quant à elles, au bout de plus d'une heure de « cliquetis », ont quand même le don de mettre sur les nerfs. A nouveau, si la réaction parait épidermique, l'intellect admire au contraire cette intention pour son audace.
Nisennenmondai

Wire