Grand Magus, nouvelle valeur sûre du heavy metal, s'est forgé une belle personnalité au fur et à mesure d'albums tout simplement brillants, plus particulièrement depuis les excellents Iron Will et Hammer of the North. Un peu du Judas Priest le plus heavy, un côté stoner qui s'évaporera petit à petit pour laisser la place à une senteur épique et hymnesque digne du meilleur Manowar (celui de Kings Of Metal ou Battle Hymns). Le tout porté par une des plus belles voix du circuit et des textes inspirés de la mythologie nordique.
En 2014, la recette atteignait son summum avec un Triumph & Power tout bonnement soufflant, gavé d'hymnes. Jusqu'à maintenant, Grand Magus évitait le faux-pas.
Ce Sword Songs, toutefois, voit la recette des Suédois s'essouffler imperceptiblement. Entièrement axé sur l'efficacité (34 minutes à peine!) et sur des refrains simpl(ist)es à scander en choeur, il en perd à la fois la majesté et l'accroche des albums précédents. Certes, Freyja's Choice entame l'album de la meilleure des façons (ces gars savent décidément comment lancer les hostilités, tous leurs albums commencent par des tueries), et la première moitié de l'album tient globalement la dragée haute à leurs dernières sorties. Mais l'autoparodie n'est jamais loin, notamment sur ce Forged in Iron, Crowned in Steel (tout un programme) qui, aussi efficace qu'il soit (et porté par la voix incroyable de JB, qui fait des ravages sur le break), fleure un peu le Manowar en slip-fourrure. Rien qu'à imaginer tout un public scander ''VIKING METAL!'' sur le refrain, on a le sourire.
Même cliché sur l'intro tout en ''hey!'' de Born for Battle, bon titre lui aussi et s'écartant pour une fois de la mythologie scandinave car évoquant Bertrand du Guesclin. Mais sincèrement, Grand Magus étant déjà très clairement un groupe taillé pour le live, capable de composer des hymnes par paquets de douze, quelle est l'utilité d'en rajouter au risque de forcer le trait?
Car en misant tout sur l'efficacité, Grand Magus en devient paradoxalement... moins efficace. Aucun mauvais titre, bien sûr, mais rien qui nous fasse nous lever la nuit, là où des albums comme Iron Will ou Hammer of the North recelaient des pépites (sans même parler de Triumph & Power). Citons toutefois le très heavy Master of the Land, à l'excellent refrain. Fort heureusement, l'album est court, et on arrive rapidement à la conclusion Everyday There's a Battle to Fight, elle aussi très Manowar-like (décidément...) mais plutôt plaisante.
Grand Magus nous sort un album comparable, en osant le blasphème (vous adorez ça), au British Steel de Judas Priest, toutes proportions gardées. Un opus plus formaté, plus lisse, taillé pour la scène mais privé de toute montée vocale un peu couillue (JB semble de plus en plus délaisser cet aspect de son chant), de tout passage un peu épique et fouillé.
Le premier (léger) signe de faiblesse dans une carrière jusqu'ici impeccable.
heavy metal, power metal, manowar of steel

Sabaton
Powerwolf
Manowar

Judas Priest