Dans l'univers musical et particulièrement celui du métal, certains projets, certains groupes, ont depuis longtemps pris le parti de donner ses lettres de noblesse à cette lenteur. Au-delà du doom-métal, qui s'est généralement borné à dire par sa lenteur, la déliquescence de notre monde, de notre univers, de notre style de vie, un courant «down tempo» (Moss, Monarch !, Khanate) va plus loin, traverse le néant afin de nous montrer cette déliquescence en marche.
Ainsi en est-il de Endless Floods, trio originaire de Bordeaux qui sort son premier LP éponyme. Quatre titres lourds, très lourds; lents, très lents menés par une basse surpuissante, et une guitare qui, quelquefois aux limites du drone, donne l'impression de posséder le pouvoir d'étirer l'espace temps (Setting fire to the shelter).
Climax de cet album, le titre Floods aligne, sur une longue introduction de 7 minutes, des notes qui, quelquefois, restent suspendues, stagnantes... comme voulant s'éteindre. Puis se réveille le temps du néant, lourd, pesant, puissant, emporté par une voix hurlant, lentement, la digestion de cette absence d'être, de cette absence de tout.
Endless Floods réussit, par sa maîtrise de toutes les gammes des déclinaisons de l'épaisse lenteur, cette gageure de ne jamais être monotone; l'on reste toujours concentré sur le travail du néant en marche.
Seul point noir: c'est court – 35min pour 4 titres – trop court pour épuiser toutes les ressources de cette indispensable, et rare, mimesis. Gageons que Endless Floods osera un double LP deux ou trois titres pour sa prochaine livraison.
L'urgence de la lenteur...
Down-tempo, doom
Moss
Monarch
Khanate