Commençons par un aspect positif qui, on peut le dire, relie les albums de Sepultura entre eux depuis les années 2000 : Andreas Kisser en a encore sous le coude. L’album regorge d’idées, de riffs tantôt thrashy tantôt groovy et de leads recherchés. Un côté presque prog’ pour du Sepultura, allant en cela au-delà the The Mediator Between Head and Hands Must Be the Heart (2013). Les mélodies du titre éponyme en ouverture, le feeling de Phantom Self, le massif Sworn Oath... Un potentiel certain, qui explique peut-être les louanges attribuées çà et là à cet album. Mais que je ne partage pas vraiment.
Car, malheureusement, Machine Messiah ne parvient pas à capitaliser sur son potentiel. Si cette influence prog’ ouvre certainement le jeu de Sepultura, le groupe conserve en parallèle ses influences old school, voire Punk, ce qui forme ainsi un mélange qui peine à fonctionner et confère à l’album cet étrange sentiment du travail insuffisamment cadré. Autre faiblesse : l'absence d'un vrai morceau phare, du genre à rester en tête durablement après une écoute, certes pas si désagréable, de l’album.
Manquants de moments forts à trop les rechercher, et pénalisé par un manque de cohérence qui lui confère un côté trop fourre-tout, Machine Messiah n’est pas un album foncièrement mauvais. La volonté de Sepultura d’évoluer est admirable, mais le résultat – s’il reste suffisamment curieux pour probablement en convaincre quelque uns - n’est pas assez satisfaisant pour confirmer les ambitions de nos Brésiliens. Presqu’ironique à une époque où l’on aurait tendance à conspuer l’immobilisme de certains…

Bresil, Thrash, Metal, Andreas Kisser, Derick Greene

Sepultura