Le groupe se compose de trois frères, Josh -chant-, Jake -guitare- et Sam Kiszka -basse- ainsi que de Danny Wagner officiant à la batterie. Il a suffi de deux EP’s, Black Smoke Rising (2017) et From the Fires (2017), pour qu’ils passent de l’ombre à la lumière. Cette popularité naissante repose principalement sur la tonalité de voix de Josh qui est proche de celle de Robert Plant et sur une personnalité artistique marquée au fer rouge par l’ambiance des années 1970. Sans verser dans l’excès de certains commentateurs qui s’interrogent à propos d’un hypothétique sauvetage du rock par Greta van Fleet, il faut concéder que l’on attendait Anthem of the Peaceful Army (2018) avec une impatience difficilement contenable.
Anthem of the Peaceful Army se compose de deux parties distinctes. Une première partie à la rythmique rapide avec notamment le magistral titre introductif Age of Man et le très accrocheur Lover, Leaver, et une seconde partie nettement mois convaincante qui reflète l’âge d’or du mouvement hippie .
Sans surprise, le rock développé dans les années 1970 est mis en avant. Les influences blues et soul sont fort marquées mais manquent d’originalité. Alors que les deux EP’S apportaient un vent de fraîcheur, ce premier long effort se rapproche davantage d’une redite de la musique des années 1970 remise au goût du jour ; la personnalité du quator ne s’extériorise que fort peu. A ce sujet, quand bien même il serait réducteur de les limiter à un simple dérivé de Led Zeppelin, Jake Kiszka a notamment avoué avoir étudié minutieusement le jeu de guitare de Jimmy Page et le chant Josh Kiszka reste proche de celui de Robert Plant. Cette situation constitue indubitablement un frein à l'extériorisation leur personnalité artistique.
Une des nouveautés qui vient rapidement à l’esprit est la consistance du jeu de guitare mais surtout des percussions qu’on ne leur connaissait pas. Comme auparavant, les sonorités restent naturelles, ce qui s’explique notamment par le choix d’utiliser le moins possibles les effets d’amplis de guitares. Néanmoins, les sonorités naturelles et la complexification des compositions instrumentales ne suffisent pas à empêcher le sentiment de redite de grandir en vous à chaque nouvelle écoute.
L’évolution du chant de Josh Kiszka laisse dubitatif. Ses capacités vocales et sa tessiture de voix, qui ont contribué à la rapide ascension du groupe outre-Atlantique, ne sont pas toujours utilisées à bon escient. La rondeur présente notamment sur You’re the One a tendance à se transformer en chant nasillard à d’autres moments. Cette constatation est probablement à imputer à un choix malheureux de production ; les prestations en live permettront d’adopter une opinion définitive à ce sujet.
Anthem of the Peaceful Army est un album plaisant sans plus. S’il avait été composé par un autre groupe, il aurait pu satisfaire mais quand il s’agit de Greta van Fleet, on concédera que nos attentes sont déçues. Il serait peut-être temps pour eux de se recentrer sur leur musique plutôt que de se disperser en opérations marketing sous peine d’un retour à l’anonymat aussi rapidement que leur fulgurante ascension.
Greta Van Fleet - Anthem of the Peaceful Army - Rock - Led Zeppelin
Greta Van Fleet
Led Zeppelin