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Chronique 20-02-2019 par Renaud 3 min de lecture

Aenimus — Dreamcatcher

Aenimus, ça ne vous dit rien ? Alors non, ce n’est pas le nom d’un sort du dernier dérivé de la saga d’Harry Potter, mais un groupe qui prend ses quartiers dans la région de la baie de San Francisco. Le premier album du collectif, Transcend reality (2013), n’avait pas contribué à garder un souvenir impérissable des californiens ; sans être mauvais, il n’avait rien de transcendant. Dès lors, le récent contrat conclu avec Nuclear Blast n’a pas manqué de nous étonner. Les débuts auprès de la grosse écurie allemande se nomment Dreamcatcher (2019), arrivé à nos oreilles avec la ferme intention de nous prouver que nous avions commis une erreur de jugement.

Une ses singularités d’Aenimusest d’allier death metal technique et metal progressif, deux genres qu’apprécie votre serviteur. En conséquence, il faut concéder que Dreamcatcher part avec une longueur d’avance sur la concurrence en associant deux styles qui me sont chers.



Pour enfoncer le clou dans la bonne direction –celle de la chronique positive, Before the Eons fait office d’entrée en matière percutante. Après deux minutes de death metal technique, un pont assure la transition vers une musique qui devient quelques secondes expérimentales, comme flottant à la surface de l’eau, avant de replonger dans les abysses. Comme si cela ne suffisait pas, Eternal débarque avec ces breakdowns somptueux, véritables odes au headbanging. Avec un court passage à mi-chemin du titre tout droit sorti d’un film d’horreur, on replonge dans les méandres du death metal technique tout en s’envolant de temps à autre au gré d’influences djent.

Le mélange des genres hétérocliques n’est pas parfaitement maîtraisé ; il pèche par manque de cohérence en raison d’une volonté de rajouter des couches sur un gâteau déjà fort garni, en particulier sur la deuxième partie de l’album. Aenimus a, par moment, des difficultés à définir son style et propose des pistes à la longueur dénuée de justification pertinente. Dans le même ordre d’idée, Ritual se termine par deux minutes de musique symphonique en total désaccord avec le reste du morceau. C’est regrettable car sur les pistes d’une longueur restreinte, on frôle parfois l’excellence, notamment avec The Dark Triad.



Les couleurs employées au niveau du visuel signé José Parodi sont au diapason de la musique. Elles sont multiples, à l’image des différentes nuances de sombre retenues tout au long de l’album.

Amoureux de l’univers cinématographique et littéraire d’horreur ou d’épouvante ? Dreamcatcher pourrait vous aller comme un gant avec ses inspirations puisées dans des créations fondatrices en la matière. Ainsi, le visuel est un hommage à Shining –la hache, au Silence des Agneaux –le papillon pris dans la toile d’araignée- ou encore à The Dead Zone –l’horloge. Pour en rajouter une couche, le titre de l’opus nous rappelle à l’excellent souvenir laissé par l’ouvrage éponyme de Stephen King (encore lui). L’esthétisme visuel n’est pas un indispensable pour créer un album qui marque les esprits, mais il s’agit d’un élément qui peut emporter l’adhésion de l’auditeur à la recherche de voyage sensoriel aux multiples racines. Pour notre part, cet aspect nous a conquis.

Dreamcatcher n’est pas parfait, loin s’en faut, la faute à un mélange de styles qui manque parfois de cohérence. Pourtant, il renferme d’indéniables qualités qui vont permettre au groupe d’inscrire son nom sur la carte de death metal technique et du metal progressif. Si vous êtes en mesure de lui pardonner son manque de concision, il pourrait même vous ravir.

Tags Aenimus - Dreamcatcher - Metal progressif - Death metal technique

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