Le départ de quatre membres en 2012 a pesé lourd dans la qualité des productions studio qui suivirent, en particulier pour le décevant The Last Stand (2016). Ce dernier nous a laissé un arrière-goût de réchauffé, synonyme de déclin pour les détracteurs. Les guerriers suédois ne s’avouent cependant pas battus et s’ils ont perdu une bataille, ils entendent gagner la guerre à l’aide de l’arme de destruction massive The Great War (2019).
La nouvelle fournée s’articule autour du concept de la première guerre mondiale. Pour réaliser cette chronique, la version « historique » nous a été fournie. Celle-ci est agrémentée d’introduction narrative à chaque piste. De prime abord, l’intérêt de l’ajout nous laissait dubitatif. Pourtant, force est de constater que l’immersion dans l’ambiance de la guerre des poilus s’en retrouve renforcée ; l’auditeur est pris par la main sur le chemin d’une histoire cohérente et captivante.
Le récit historique ne se cantonne pas à l’Europe. Ainsi, Seven Pillars of Widsom -du nom du célèbre récit littéraire- conte les aventures de T.E. Lawrence lors de la révolte arabe du début du 20e siècle. L’œuvre est riche et fournie, on apprécie l’engagement de ses auteurs.
Alors que The Last Stand semble tourner au rond, The Great War remet les pendules à l’heure en expirant en permanence un souffle héroïque ; Sabaton semble avoir retrouvé son inspiration. Que ce soit Seven Pillars of Widsom, 82 nd All the Way ou Devil Dogs, les morceaux de bravoure ne manquent pas.
Les hooks et mélodies sont addictives, ils sont contagieux comme les gaz de combat employés lors du premier des deux grands conflits mondiaux. Les membres intégrés depuis l’hécatombe de 2012 arrivent à imposer leur patte en proposant notamment des solos d’une qualité jamais rencontrée jusqu’alors dans la discographie des suédois. Quant au rythme général, on retiendra qu’il est soutenu sans pourtant atteindre la rapidité d’exécution d’autres apparentés à la famille du power metal.
Nous sommes quelque peu déçus de ne pas retrouver la prise de risque présente sur Bismarck paru il y a quelques semaines. Ce dernier explore des contrées inexploitées auparavant, alors que l’opus ne fait qu’exceller dans la zone de confort où ils exercent depuis tant d’années.
The Great War se positionne comme étant le digne successeur de Carolus Rex (2012). Sabaton semble avoir retrouvé l’inspiration qui avait tant manquée avec The Last Stand. La pierre ajoutée à l’édifice de leur discographie est précieuse, la marche en avant à la conquête de l’Europe reprend. Ne vous mettez pas sur leur chemin, vous risqueriez de vous faire écraser par ce char de combat dont la puissance de feu ne cesse de grandir.
Sabaton - The Great War - Chronique - Power metal

Sabaton
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