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Chronique 25-09-2019 par Vassili 4 min de lecture

As I Lay Dying — Shaped By Fire

Alors que la fin de l’année 2019 approche et qu’on s’en rappellera notamment comme de l’année de sortie du tant attendu nouvel opus de Tool, il y en encore quelques-uns qui se font attendre. La liste est désormais plus courte : Shaped By Fire, l’album qui marque le retour sur scène d’As I Lay Dying après une parenthèse de sept longues années, est enfin là.



Le moins que l’on puisse dire est que la partie était loin d’être gagnée. Long story short, le parcours de rédemption entamé auprès des autres membres du groupe par le chanteur Tim Lambesis suite à son incarcération en 2013 et sa libération sur parole fin 2016 a porté ses fruits. En juin 2018, le groupe annonçait sa reformation et un album à venir en sortant le morceau « My Own Grave ». Entre le titre de ce premier morceau, le titre de l’album lui-même, l’artwork de Corey Meyers figurant une arcade en proie aux flammes et les titres des autres morceaux sur la tracklist, le message est clair : le groupe a traversé des épreuves douloureuses, mais c’est aussi grâce à cela et au sens qu’ils sont parvenus à donner individuellement à ces événements qu’ils reviennent aujourd’hui plus soudés que jamais. C’est le phénix qui renait de ses cendres.

Partant de là, on est en droit de s’attendre à un album puissamment cathartique. Un peu à l’image de l’excellent Holy Hell d’Architects qui avait profondément marqué les esprits à sa sortie. Le genre d’album qui traduit en musique des émotions qu’on serait bien en mal de transmettre autrement. Et c’est là, à mon sens, qu’As I Lay Dying rate son coup.

L’album est exécuté de main de maitre. Les productions sont précises et efficaces — à la fois catchy et techniques, alliant avec beaucoup de justesse chant guttural et chant clair, puissance et mélodie, rage et douceur. Pour un premier morceau écrit ensemble après sept ans de conflit, « My Own Grave » étonne par sa maturité et son équilibre. On y trouve tout ce qui définit la musique d’As I Lay Dying et le message, soutenu par un clip où les membres se font face dans un cercle, est fort (« Buried alive inside my own grave and there’s no one else to blame »). Le titre éponyme, « Shaped By Fire », est une démonstration de force et un modèle de construction pour un morceau de metalcore – un instant classic face auquel il est impossible de ne pas bouger la tête ou chantonner sur le refrain. « Blinded », « Gatekeeper » et « Redefined » sont autant d’excellents morceaux qu’on sera plus qu’heureux de retrouver sur la setlist en concert. Et même si d’autres morceaux sont dispensables sur l’album, ils n’en sont pas moins tout aussi bons et le groupe n’a certainement pas à pâlir de la qualité d’exécution.

Mais l’ensemble souffre paradoxalement de ses qualités. C’est parfaitement exécuté, mais trop parfaitement. Carré, mais trop carré. Lisse, mais trop lisse. C’est répétitif – le titre éponyme résume à lui seul le propos de tout l’album (« Shaped by fire, we aren’t born this way. Shaped by fire, we are reborn through pain. ») et on se demande où est l’intérêt de le répéter à onze reprises avec d’autres mots. C’est confus – les morceaux se suivent et se ressemblent aussi bien dans l’exécution que dans le propos et l’album peut s’écouter en lecture aléatoire sans aucun problème, ce qui n’est jamais bon signe. Bref, ça manque d’histoire, de construction. Ça manque d’âme, de vie. Que cela ne remette pas en cause la sincérité de la démarche du groupe par rapport à la sortie de cet album à ce moment-ci de leur histoire. Malgré ça, on reste sur sa faim.

As I Lay Dying fait ce qu’ils savent faire de mieux, c’est-à-dire un album bourré de morceaux hyper efficaces où il n’y a, en théorie, rien à jeter. Mais, ce faisant, dans la pratique, ils livrent un album qui manque de tripes et qui prendra une place anonyme dans leur discographie. Shaped By Fire s’écoute comme une énième production du groupe alors que ça devrait être un disque à part.

Tracklist :
1. Burn to Emerge
2. Blinded
3. Shaped by Fire
4. Undertow
5. Torn Between
6. Gatekeeper
7. The Wreckage
8. My Own Grave
9. Take What’s Left
10. Redefined
11. Only After We’ve Fallen
12. The Toll It Takes

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