Thylacine est donc le troisième EP d’une formation qui jongle avec des influences aussi larges que la Folk, l’Americana, l’Indie, le Sludge et le Post-Rock du début des années 2000.
A l’instar de sa pochette illustrée par le diable de Tasmanie, espèce disparue au 20ème siècle, OROCHENinterroge au fil de ses compositions ce monde dévoué au capitalisme. Comment, élevé au rang de religion, ce capitalisme exploite les ressources naturelles et aliène l’humanité.
C’est sur fond de ce background peu élogieux pour l’être humain et sombre, que OROCHENavance dans ses compositions bien assises et un peu dans l’air du temps. Thylacine explore plus précisément les accents Rock de OROCHENdans une version où la rythmique est bien mise en avant ainsi que cette atmosphère éthérée.
Ecrit en pleine période de Coronavirus, Thylacine a été mixé et masterisé par Karl Daniel Liden (CRIPPLED BLACK PHOENIX, GREENLEAF, BREACH). Avec cette basse bien ronde et ses couleurs grises, ce EP rappelle en partie ces influences post-industrielles qui ont baigné le début des années 80.
Comme visiblement OROCHENne souhaite pas s’enliser musicalement, le EP se clôture avec The Jonestown Deathtape, un titre qui ne se détourne pas de l’ambiance générale drainée mais qui, sur la forme s’éloigne et s’alourdit avec cette note plus Post-Metal et le featuring de Alex Stjemfelt (ex THE MOTH GATHERER).
Le format du EP convient assez bien au projet. Il permet à la fois d’être dans un ton homogène au format et de s’aventurer dans des univers différents sans risquer l’incohérence totale. Thylacine profite largement de cet avantage et les compositions proposées sont très efficaces. Il serait dommage de négliger cet EP pour son format court.
Orochen
Crippled Black Phoenix