A la suite d'un premier single en novembre 2020, Mudslinger, MODDER s'est vu adjoindre les services de Maurice Van De Es à la basse, Maxime Rouquart à la guitare et Simon Felix aux synthés.
En bon architecte de riffs sludge, le groupe a construit son premier album, instrumental, dans l'unique but de briser des nuques. Et c'est effectivement assez difficile de résister à hocher la tête, entrainer par ce groove pesant et lent, ces breaks qui relance la machinerie comme on passe une vitesse.
Le trio basse, batterie guitare, fondement rythmique de ce premier album, est quelque peu étouffé par la production. C'est un peu dérangeant car cela enlève de puissance à la musique de MODDER. Mais il y a deux raisons évidentes à ce choix qui se révèle profitable. D'abord de créer un climat, malsain. Une façon de ne pas être sur le front mais d'en imposer malgré tout. Un climat qui est étendu ensuite par l'apport des samples et du synthés. En choisissant la retenue sonore des autres instruments, MODDER met en avant, subtilement, ces sons qui créent une atmosphère suffocante.
En mêlant des aspects assez classiques, s'inscrivant dans l'ombre d'un SLEEP, MODDER réussit à sortir son épingle du jeu avec cet apport synthétique magique et fait grâce à cet atout, la différence dans un paysage sonore qui aurait pu être juste distrayant un temps.
Modder
Sleep