Et pour son 6ème album, HANGMAN'S CHAIR s'offre deux évolutions sonores majeures très en faveur du groupe.
Signée récemment chez Nuclear Blast Records, la formation délivre son album le plus produit.
Graphiquement, elle nous avait déjà habitué.e.s à un style bien en phase avec sa posture musicale qui conjugue Yin et Yan (principalement les artworks de This Is No Supposed To Be Positive et Hope///Dope///Rope). A Loner mixe la tendance photographique noir et blanc de Banlieue Triste et l'utilisation d'une dominance colorée, ici le turquoise.
Une couleur qui n'est certainement pas choisie au hasard, comme les précédentes d'ailleurs. Le turquoise renvoie au sentiment de pureté et de fluidité. Deux adjectifs qui collent au style de HANGMAN'S CHAIR mais plus encore à ce nouvel album. Souvent utilisée pour son côté rafraichissant et thérapeutique, cette couleur vient d'une part décliner la sonorité dominante et froide de l'album (on y reviendra) et d'autre part, compléter l'image photographique qui suggère autant la solitude que le désoeuvrement ou l'égarement psychique.
Cette qualité de production, finalement, HANGMAN'S CHAIR nous y avait déjà accoutumé. Par contre au niveau son, les Parisiens se sont surpassés. D'abord en choisissant de naviguer en eaux glacées, avec un apport plus marqué Cold Wave, le groupe explore mais surtout explose ses horizons. D'autant que ce choix de nouvelles tonalités sonores n'a rien de suranné puisqu'on ne tombe pas ici dans un effet recyclant une époque rétro. HANGMAN'S CHAIR a la justesse du ton sans pour autant avoir besoin de reprendre des sons typés (pour ne pas dire stéréotypés) référant à une période.
Cet accent Cold n'handicape nullement la formation dans l'expression de son poids et de sa nature organique. HANGMAN'S CHAIR n'a jamais concédé son penchant Doom et pour les guitares bien en avant. Du côté des 6 cordes, le groupe joue d'ailleurs très subtilement pour ancrer cet apport Cold dans sa forme physique.
Mais c'est aussi (et sans surprise) au niveau rythmique que le groupe donne de la verve à ses compositions. On le savait, les mélodies, de plus en plus fines et raffinées, n'ont pas pour vocation de prendre l'ascendant sur la vigueur du groupe. Elles ne sont pas là pour vendre HANGMAN'S CHAIR.
Et si la production de A Loner marie comme jamais ces éléments presque antithétiques, il y a précisément un travail sur le disque qui propulse cette alliance au-delà de tout, c'est le son de cette batterie et de cette caisse claire tout particulièrement. La qualité de jeu était acquise, HANGMAN'S CHAIR n'ayant pas changé de batteur. Mais d'une limpidité exemplaire, la production liée au jeu de Mehdi, le cogneur, scotchent l'auditrice.eur immédiatement. Et la caisse claire (il faut l'entendre pour réaliser), avec ce son résonnant de puissance rend l'album indestructible.
A Loner file directement dans la catégorie des albums de l'année et sans hésitation aucune. Il s'agit d'un disque qui ne peut souffrir d'aucun compromis pour arriver à aligner autant de qualités. D'une cohésion sans faille tant artistiquement que dans les choix entrepris, pourtant pas évidents, HANGMAN'S CHAIR mérite de défoncer toutes les portes de la reconnaissance. Et on leurs souhaite que ce passage sur un label comme Nuclear Blast Records va leurs ouvrir cette voie parce qu'avec un tel album, encore une fois, il ne devrait pas en être autrement.

Hangman's Chair
Life of Agony