Si avoir la chanteuse d'un des groupes les plus en vue du moment et le chanteur d'un des groupes de la scène Post-Metal le plus reconnu au-delà de nos frontières sur son deuxième album peut aider à attirer les projecteurs, dans le cas de PSYCHONAUT, cela est plus une récompense et un gage du travail accompli ces dernières années qu'une stratégie promotionnelle. D'autant que ce Violate Consensus Reality n'est probablement pas le plus emblématique de l'album du même nom.
Symboliquement, il illustre assez bien la transition opérée et l'orientation 70's quelque peu délaissée par PSYCHONAUT, sa construction et l'utilisation du potentiel de ses invité.e.s restent assez attendues. Stefanie Mannaerts en début de titre avec une ambiance qui monte progressivement. Un corps dans la veine de ce que PSYCHONAUT peut proposer et une sortie plus écorchée avec Colin H. Van Eeckhout. Sans une solidité à toute épreuve derrière et pour le reste de l'album, ce titre aurait certainement pour (unique) fonction d'attirer une attention médiatique.
En réalité, quand on écoute l'album, on se rend vite compte que le trio n'a nullement besoin de ce featuring pour briller. En deux titres, A Storm Approaching et All your Gods Have Gone, il a donné le ton. Un ton plus dure et d'une efficacité de guerre lorsqu'il s'agit d'envoyer des riffs énormes. Rythmiquement explosif et doté du groove puissant, le deuxième album de PSYCHONAUT fait également la part belle à des vocaux plus rageurs.
Dans ce marasme de vitalité, PSYCHONAUT n'oublie pas de distiller sa part de vulnérabilité en alternant dans ses compositions des parties plus mélodiques ou claires. Quand il ne s'agit pas de tempéré tout en délicatesse avec Hope.
Autre single de l'album, Interbeing est probablement ce qui se rapproche le plus de ce qu'on connaissait du groupe sur Unfold The God Man. Et si, comme sur A Pacifist's Guide To Violence, on y entend le plus, le son caractérisé des guitares, ces versions de PSYCHONAUT ont clairement pris du poids et de l'agressivité. En particulier cet avant dernier titre de l'album.
Un album qui se termine en synthétisant ces moments plus crus et ces passages construits de manière pointilleuse autour de quasiment treize minutes. Seul titre à rallonge, Towards The Edge boucle la boucle et suscite l'envie de se replonger immédiatement au début du disque pour en reprendre une bonne dose.

Psychonaut

