Toutefois, cette ascension méritée fut tumultueuse. A côté de l’euphorie ressentie en rencontrant le succès récompensant leur travail magistral et la joie de devenir père dans la sphère privée, Stefan De Graef et Thomas Michiels ont dû aussi vivre les drames liés à la maladie.
C’est face à ses hauts et ses bas, à la dualité de la vie, que les membres de PSYCHONAUT ont grandi et muri ce World Maker. L’alternance des moments lumineux et difficiles se traduit dans cet album par une richesse et une finesse qui poussent les compositions du groupe vers des extrêmes d’intimité et d’agressivité.
Passés maitres en Post-Metal Psychédéliques, les 3 musiciens servent une nouvelle dynamique où la délicatesse côtoie l’intensité. Le style se ramifie et PSYCHONAUT s’ouvre à pas mal d’expérimentations. Plus émotionnel et moins conceptuel, World Maker s’ouvre avec une plage titulaire qui en dit long tant sur la finesse nouvelle du groupe qui va surprendre avec cette évolution qui éclate les frontières.
Bien que pour la forme, PSYCHONAUT soit resté dans sa zone de confort en faisant appel à Chiaran Verheyden de HIPPOTRAKTOR et à son ingénieur Live ou à Sam Coussens de POTHAMUS pour l’artwork, le groupe ne retient pas, à côté, ses incursions aventureuses dans le Free-Jazz, les musiques du Monde ou l’électronique.
Avec pudeur et sincérité, le groupe se défait très nettement des carcans introspectifs du Post-Metal tout en restant fidèle à la profondeur du genre. Sans compromis pourtant quant aux aspects bruts, PSYCHONAUT brise ses chaines au profit d’une créativité resplendissante et méticuleuse.
World Maker, même si l’expression est d’une banalité convenue, est le meilleur album de PSYCHONAUT. Déjà habitué à nous procurer de l’excellence, le disque est ni plus ni moins le chef d’œuvre du groupe.

Psychonaut
