Avec Nowhere Speaks, les Bruxellois signent leur septième album et reviennent sur les terres de leur œuvre culte Nothing But The Whole, parue en 2014. L'album s'ouvre et se referme d'ailleurs sur des références explicites à ce disque charnière de leur carrière.
Entre-temps, EMPTINESS a appris à jongler avec ses influences Dark Ambient et ses sonorités industrielles. Fort de cette expérience, le groupe livre aujourd'hui un album profondément claustrophobique qui s'appuie sur ces acquis tout en renouant avec un son saturé, lourd et poisseux.
Pour parvenir à ce résultat, les musiciens ont répété les compositions durant plusieurs années avant de les enregistrer en prise live. Seuls les vocaux, les claviers et les différents samples ont été ajoutés ultérieurement, préservant ainsi l'intensité organique des morceaux.
Le rendu de l'album est d'ailleurs particulièrement physique. Physique par son intensité sombre et son héritage Death Metal, mais également par la puissance de compositions aussi oppressantes qu'envahissantes. La brutalité pure s'efface progressivement au profit d'un malaise diffus, d'un sentiment de corruption intérieure et de tourments psychologiques qui flirtent avec la folie. Derrière cette noirceur magistralement mise en scène se dessine également une dimension gothique subtile, presque subliminale, qui enrichit encore davantage l'atmosphère du disque.
Nowhere Speaks apparaît ainsi comme l'une des propositions les plus abouties de la discographie d'EMPTINESS : un album dense, suffocant et fascinant, qui réussit à concilier violence, expérimentation et profondeur émotionnelle sans jamais perdre son identité.

Emptiness