Pourtant, géographiquement, la Tchèquie n'est qu'à quelques centaines de kilomètres.
Pourtant musicalement, ce pays recèle son lot de perles. D'ailleurs Choose Your Beast, le précédent album de THEMA ELEVEN était malheureusement passé inaperçu par chez nous.
Quelques années plus tard (4 ans), le groupe revient avec une nouvelle plaque, The Great Misanthrope sorti sur sa propre structure Insane Society Records, très riche et bien impliquée dans la scène punk.
Le groupe a délaissé entre-temps, un guitariste, réduisant le jeu à deux guitares au lieu de trois. Un choix qui amène la musique de THEMA ELEVEN a être plus brutale et viscérale. Bien entendu, THEMA ELEVEN joue toujours dans la cour du post-hard-core metal, mais les ambiances sont moins exploitées. Aucun titre ici, n'atteint complètement les 7 minutes.
Un gros travail a été réalisé sur le son avec la collaboration de Alex Newport (FUDGE TUNNEL, NAILBOMB) pour le rendre très noir et désespéré. Le travail apporté aux voix, plus rugueuses convie aussi son lot de désespoir profond.
Pour ceux qui connaissaient le groupe, The Great Misanthrope offre donc la surprise d'une attque plus directe et frontale. Passé cet étonnement, on ne peut pas dire que l'orientation de l'album déstabilise. L'évolution du groupe reste cohérente.
Ce recentrement s'apprécie d'autant plus que la tendance dans la scène post-hard-core metal est aux atmosphères très (trop) développées. THEMA ELEVEN greffe donc à nouveau de l'énergie brute aux structures travaillées du genre. Non seulement l'idée semble salvatrice pour le style mais de plus, les Tchèques le font très bien.
Malgré cette ambiance sans espoir qui se dégage de The Great Misanthrope, la mélancolie n'est pas de riguer et on évite les pleurnichements et les plaintes. C'est une forme de force combative qui ressort à l'écoute de l'album. En somme, ce disque agit comme un vrai détonateur revitalisant.
L'album est maîtrisé du début à la fin, preuve d'une grande maturité et ce jusque dans la réalisation de la pochette. Un groupe qui mérite amplement de se faire reconnaître... chez nous également.
