
Décrit comme « l’un des groupes de rock français à suivre absolument par plusieurs grands médias français », Rendez Vous parvient à convaincre et s’imposer dans un revival très post-punk voir darkwave. Après la sortie de Superior State en 2018, ils se retrouvent aux quatre coins de la France et s’exportent bien à travers l’Europe. Le public suit et il a bien raison ! Ce soir à Arlon c’est encore le cas, Rendez Vous amène les vétérans des années 80 tout comme les jeunes qui n’ont pas vraiment connu le millénaire dernier.
La nonchalance du style, deux voix puissantes, une batterie qui n’y va pas de main morte, des notes de synthé très sombres, guitare et basse punk. Ca strob de partout au fond de la scène, lumières bleues et rouges accompagnent ce groove qui vient captiver l’attitude stoïque des cinq Français. Un son puissant et deux chanteurs très concentrés offrent un Euroshima qui fait directement le public. On ne peut pas réellement parler d’enchaînement de tubes, mais les chansons sont facilement reconnaissables à l’oreille pur quiconque a déjà écouté le groupe. Il ne faut pas oublier qu’avant ce premier album, l’EP Distante a déjà envoyé quelques morceaux à classer au même rang que tout ce premier LP. Avec un excellent son qui se veut plus puissant que sur album, Rendez Vous domine l’assemblée.
Sans surprise, la communication sera invisible, les titres s’enchaînent plus vite que ce qu’on ne pense. Lakes, Double Zero, Sentimental Animal, Superior State, Paralyzed : la liste peut encore continuer, mais la cohérence est présente. Le côté punk du post-punk domine ces 45min pour le plus grand plaisir du public qui danse à l’avant et applaudit chaleureusement la froideur des musiciens. Les 70 minutes prévues initialement ne seront pas atteintes, mais on a tout de même le concert complet des Français avec un rappel. Après neuf morceaux, ils sortent de scène, ce qui permet de laisser les stroboscopes se refroidir durant quelques instants. Voici donc Rendez Vous qui revient pour nous sortir son côté cold-darkwave avec Workout et Last Stop : une fin lente, froide et bien progressive.
En une heure, le quintet a fait plus que son job, il s’est littéralement imposé et a justifié sans conteste son statut tant scandé dans la presse musicale francophone ! La soirée n’est pourtant pas terminée, et c’est ici que le public vient en nombre devant la scène, c’est parti pour la coldwave du trio russe Motorama.
Encore plus nonchalant que les précédents, le trio arrive sur scène et on découvre que tout ba sonner digital. La batterie est entièrement digitale exceptée pour un charley et un hi-hat, la guitare est sans tête, un pad + synthé et voilà. Froideur et sans aucun regard vers l’assemblée, les trois Russes ne sont pas venus se faire des amis : coldwave avant tout. Ca sonne bien, mais leur son manque de corps, digital + sans tête d’ampli, on adhère où on adhère pas. C’est plaisant, mais la différence entre écouter Motorama chez soi ou les voir en live n’est pas grande. Les titres arrivent les uns après les autres sans aucun temps mort, sans aucun regard adressé au public. Après 50min c’est déjà fini, on n’espère pas de rappel parce qu’on sait bien que le groupe n’en a pas envie. Tout novice pourrait s’enfuir après quelques chansons, mais c’est aussi le code qui fait le charme du genre. Les nombreux fans présents sont convaincus par la performance et les albums comme Many Nights ou Alps. Une certaine difficulté à parler de ce concert se présente tout de même : ce n’est pas non plus exceptionnel. Motorama fait son boulot, mais c’est tout, rien de transcendant musicalement et encore moins dans la prestance. Pourtant le groupe tourne beaucoup et bénéficie d’une renommée, mais on peut se poser la question : n’est-ce pas mieux sur CD qu’en live ?
On restera surtout sur le premier groupe de la soirée, et aussi le mélange des générations à ce concert. On peut être sûr d'une chose : le post-punk ça traverse les générations !

Rendez-Vous
Motorama