Comme beaucoup de monde, nous étions frustrés de cette concurrence anversoise le temps d’une soirée. L’organisateur Samhain a eu le bon goût d’annoncer récemment que les deux événements seraient regroupés pour former une seule et même soirée exceptionnelle dédiée au black metal se déroulant au Kavka Zappa. L’affiche étant extrêmement chargée pour une soirée unique ayant lieu en milieu de semaine, Hellripper entre déjà en piste à 18h30, tant pis pour les travailleurs bloqués dans le trafic anversois.

Hellripper, la formation créée par James McBain, ne manque pas d’étonner avec son black/speed metal on ne peut plus efficace. Le dernier effort The Affair of the Poisons (2020) est un de mes albums préférés de black'n'roll de ses derniers années, avec Expedition: Darkness (2019) de Rimfrost.
Alors qu’on aurait pu craindre un manque de cohésion entre le frontman et les autres membres qui ne sont présents que pour les prestations live, dès les premières secondes la sauce prend. Le rythme est rapide, les sourires sont de sortie et l’ambiance monte en flèche. La seule ombre au tableau est un public qui arrive au compte-gouttes, ce qui se fait ressentir avec une absence de pogo ou crowd surfing contrairement au Soulcrusher le jour après. Peu importe, les chanceux qui ont l’opportunité d’être là prennent leur pied. On se donne rendez-vous en mars à Eindhoven pour un concert dédié.

A peine le temps d’aller prendre un ravitaillement boisson que les hostilités débutent, avec un enchainement infernal que nous avons rarement connu. Nous changeons totalement d’atmosphère avec les portugais de Gaereadont le récent album Mirage (2022) en a scotché plus d’un.

Contrairement à la prestation incroyable qu’ils nous avaient livré au Night Fest Metal, il m’aura fallu quelques minutes avant de plonger dans le voyage intérieur du Vortex. Le démarrage en mode diesel passé, nous avons eu droit à une prestation intense qui prouve qu’il s’agit sans conteste d’une des formations de black metal les plus excitantes du moment. Les portugais allient sensibilité et brutalité dans un mix qui explore des contrées encore inconnues. C’est la quatrième fois que nous avions l’opportunité de les voir cette année et ce n’est assurément pas la dernière fois.
On redescend de quelques étages avec les anglais de Winterfylleth dont le black/folk ne nous a jamais transcendé sur album. C’est la première fois que nous avions la possibilité de les voir en live et notre première impression c’est confirmée avec une impression de vu et revu.
Le temps est déjà venu de voir notre dernier groupe de la soirée étant donné qu’il nous faudra faire l’impasse sur Gaahls Wyrdque nous avions vu il y a quelques jours, une longue route nous attendant pour rentrer chez nous et une nouvelle journée de travail se profilant déjà à l’horizon.
Nous attendions beaucoup des canadiens de Spectral Wound qui ont attiré notre attention avec Infernal Decadence (2018), avant qu’A Diabolic Thirst (2021) nous impressionne. Si la formation nous a impressionné en studio, elle nous a subjugué ce soir. N’ayant pas eu l’opportunité de vivre l’âge d’or de la scène black metal finlandaise, je me suis dits en quittant la salle que j’ai rattrapé un peu de mon retard en découvrant les québécois en live. Que dire si ce n’est que le son était absolument sans faille et que les musiciens ont livré une prestation impeccable, relevée par Jonah au chant qui a une prestance peu commune dans la scène black qui l’occupe. Froid, brutal, captivant, il s’agit potentiellement de la plus grosse claque en concert de l’année.
Remerciements à Season of Mist pour l’invitation.
Gaahls Wyrd
Gaerea
Winterfylleth
Spectral Wound
Rimfrost