Inutile de préciser qu’on l’a bien prise dans la gueule avec les Messins d’Oi Boys.
Le concert commence un peu à la bourre, faute à l’habituel quart d’heure académique, qui permet cependant aux quelques retardataires de se faufiler jusqu’aux pieds de la scène du Witloof Bar. Le quatuor de street punk-cold wave vient nous jouer son premier album éponyme sorti en septembre 2021, pour un « Winter World Tour du Nord » (nord de la France et de la Belgique, oui je sais, c’est subtil). Pas néophytes de la scène pour autant, puisque les membres sont issus de formations diverses telles que Loth, BISHOP et Récidive.
Suite à l’écoute de l’album, on s’attend à voir débarquer des mines sombres venues hurler leur désarroi et leur misère sur un fond de synthé qui fout les glandes. On assiste au contraire à une troupe de camarades loufoques visiblement ravis d’être présents. Le concert commence sur les chapeaux de roue avec La liste, premier titre du disque, qui va servir de précurseur au rythme accrocheur et effréné des 40 minutes de set. La musique d’Oi Boys reflète une angoisse tangible et un profond désabusement d’individus dans un monde factice, qui peinent à maintenir leurs relations avec les êtres qui leur sont chers, amants ou amis. Des paroles crachées par une voix froide et rude, qui nourrissent habilement ce sentiment d’inquiétude de crever seul.
Le public tape du pied et on peut lire un grand sourire sur de nombreux visages, malgré des textes qui ne transpirent franchement pas le bonheur. Le chanteur et la foule, transpirent bien, eux. On enchaîne sans perdre de temps avec Déjà reine, et Encaisse, un nouveau morceau inédit. A peine le temps de souffler sur Tes mortes idoles, le titre évoquant notamment Ian Curtis, que ça reprend avec Mon Dernier Dieu où les accords de guitare éparses viennent accentuer ce qui s’apparente à la bande son d’une course poursuite sans fin.

Le cœur s’accélère, on monte dans la bagnole Oi Boys pour foncer sur 200km/h et Dernière tournée. Les réverbères nous fait planer entre deux espaces, le temps d’un instant, à m’en faire oublier l’ordre des titres suivants, la setlist pourtant scotchée à mes pieds. Ce qui est certain, c’est que la sauce a bien pris et le public, assez calme jusque-là, commence à se bousculer frénétiquement entre les colonnes de briques du Witloof Bar, à en faire (presque) valser le synthé au-devant de la scène. La tension est à son comble lorsque les français entament le pénultième Le film est mauvais. Enfin, quand les premières notes de guitare de Sur la place retentissent, l’effervescence est totale dans les sous-sols du Botanique, et il faut s’accrocher à ses souliers et jouer des coudes pour rester debout. Un énergumène à la tignasse verte me passe par-dessus la tête, les paroles hurlées du public se mêlent au déferlement général, alors que ces vauriens d’Oi Boys nous balancent tout ce qu’ils leur restent comme énergie.
Une ovation plus que méritée semble clôturer la soirée, mais le rappel général ramène Oi Boys sur scène sous une pluie d’applaudissements. Un peu déconcertés, et ne s’attendant visiblement pas à rebrancher leurs instruments, le groupe remercie la foule en reprenant une dernière fois La liste.
On ne manquera pas de payer une bière à Momo (ceux et celles qui étaient présents comprendront), après l’au revoir définitif à « BruBru » d’Oi Boys.

Merci au Botanique pour l’invitation, et au courageux Nico pour les photos!
Vous pouvez retrouver l’entièreté de la galerie au lien suivant : http://www.shootmeagain.com/photos/8156_oiboys_bruxelles_26-01-2023

Oï Boys