Organisé par le collectif Hypnoiz dans la salle JOC à Ypres, nous sommes arrivés juste à temps pour découvrir les locaux de PARKS. Mélange psyché-stoner en quartet, les quinze minutes nous aurons échauffé les oreilles sans pour autant les ouvrir. La recette est classique, le beat est bon, mais, par manque de surprises,on se retrouve vite à plutôt s'émerveiller de cette belle salle, signe d'une culture alternative flamande toujours aux petits soins.

La suite se déroulera avec Derek Zanetti, ou plutôt Homeless Gospel Choir. Récemment vu en formule groupe complet aux côtés de My Chemical Romance dans une tournée des arènes américaines, c'est seul et à l'acoustique que le bonhomme assurera son show, pratique pour le changement de plateau. Avec un début timide mais assumé, le chanteur a LA bonne idée, descendre dans la foule pour partager sa musique avec celle-ci autour de lui. Le résultat est prenant et prend une dimension plus intimiste et amicale, surtout au vu des thèmes des chansons. Piochant dans son répertoire de sept albums, l'originaire de Pittsburgh nous partage ses douleurs, ses peines, ses problèmes avec la religion mais aussi son intolérance au gluten. L'émotion est palpable, même quand le guitariste introduit tous ses morceaux par 'Its a protest song'... Le rire se mêle même au silence d'église accompagnant ses confessions sur sa bipolarité dans Normal ou encore ses doutes avec Depression. On se sent vite en famille dans ce pit punk qui se remplit petit à petit pour la tête d'affiche du jour, le set se terminant doucement. Bravo Derek, c'était de loin la meilleure surprise acoustique qu'on ait eue.
Un dernier mot? ''Préparez vos tympans avant qu'ils ne tombent de vos crânes''...

Au moins nous sommes prévenus. '68 se passe d'introduction et commence leur show de but en blanc par un simple 'Hi, We are '68! Le duo fait mouche dès la première note de The Captain Sat et les 3 amplis de Josh résonnent dans une salle trop clairsemée à notre goût mais réceptive. Teintés de subtiles improvisations et surtout de liberté, Josh et Nikko s'amusent, déroulant leur discographie connue (Bad Bite, Removed Their Hooks,...) en se faisant la joie de placer par-ci, par là un bout de riff piqué à Led Zep' ou encore à Kansas... Juste pour déconner !

Certains corps se déchaînent aux rythmes des beats déchaînés, d'autres écoutent calmement et c'est sur le classique Whether Terrified or Unafraid que le show prend tout son sens. Josh se crampe, s'éclate, se tord. 'Personne ne la connaît? Intergalatic des Beastie Boys n'est pas repris par le public... Blasphème ? On oubliera ce douteux manque de culture pour mieux profiter de la fin du show avec une longue improvisation en duo, pour finalement que Josh range la batterie de son comparse, tout en ayant pensé à lancer un riff sur son looper pour donner un peu de contenu musical à son batteur. La grande classe.

Une heure et un peu plus montre en mains, mais il n'en faudra pas plus. Loin d'être mauvais et proche de l'excellence, le duo américain aura tenu ses promesses avec un live méchant, vital et, selon leur mot, profondément humain. Loin des samples et des métronomes, la brutalité de '68, tout simplement. On notera de cette belle soirée la présence apparente de Derek Zanetti mêlant son second degré et son monde déjanté à la liberté totale des deux compères de '68. Un groupe à voir et que nous avons rencontré pour vous... Affaire à suivre donc !



