Avant de voir Mario Lalli et sa famillia débarquer sur scène, les Belges de Wheel of Smoke ouvraient la soirée avec leur stoner aux tendances psychédéliques. Comme à chaque fois, Orange Factory, s'il ont fait jouer dans cette même salle des groupes comme Nebula, Ufomammut ou encore Mastodon (avant qu'ils ne remplissent des salles beaucoup plus grandes), nous font découvrir un groupe du coin. Le combo originaire de Louvain, qui sortira son second opus en automne de cette année, aura été la surprise et la découverte de la soirée. Dans un style qui se rapproche de Hawkwind, les quatre Belges jouent juste et fort. A découvrir si ce n'est pas encore fait!
Le reste de la soirée allaient être une histoire de famille. Mario Lalli, avant d'être le leader de Fatso Jetson a créé un autre groupe, souvent oublié vu sa faible discographie, mais culte pour tout bon amateur de stoner. Car si tout le monde connait les Kyuss et autres Queens Of The Stone Age, qui sont sans doute les groupes les plus connus, on oublie souvent par qui ils ont été influencé. En 1986, Mario Lalli forme avec Gary Arce et Alfredo Hernandez (qui joua par la suite dans Kyuss et Queens Of The Stone Age), un groupe nommé Yawning Man.

En gros et pour faire simple, ces gars-là ont créé ce qu'on appelle le desert rock en allant organiser les premières jam sessions en plein dans le désert californien. Leur musique très planante et mélancolique dont certains éléments se rapprochent du jazz aura été à la base de l'inspiration d'autres groupes devenus, eux aussi par la suite, complètement mythiques. Si depuis 2005 et la sortie de son premier album, vous ne rêvez pas, ils ont mis presque 20 ans à le sortir, le groupe fait plus parler de lui, du moins sur album, ses apparitions sur scène restent pour le moins assez rares. Devons-nous donc préciser que dès 19h30 le Sojo était bourré massacre et que celles et ceux qui n'avaient pas réservé auront dû passer la soirée sur le parking?
Plus tard dans la soirée et après un set de Yawning Man intéressant et envoutant, mais malheureusement pas aussi passionnant que l'on pouvait s'y attendre, Mario Lalli troque la basse, poste qu'il occupe dans Yawning Man, pour la six cordes et le micro. Fatso Jetson et son stoner bien gras fait son entrée. Accompagné à la basse par son fils Dino et à la batterie par Tony Tornay, Fatso Jetson nous apparaît en trio et non en quatuor comme c'est le cas habituellement.
Soit, les riffs des Californiens ont vite fait de réveiller le public qui rouvrait péniblement les yeux après avoir été bercé par le set instrumental de Yawning Man. Fatigué par une tournée qui touchait quasiment à sa fin, Mario et sa bande auront, malgré des morceaux comme "Magma" ou "Too Many Skulls" qui ont pour effet de martyriser vos cervicales, eu de la peine à faire décoller le Sojo.

Mais pas de panique, Mario Lalli a de la bouteille et l'homme à la voix rocailleuse et aux mimiques particulières, tout comme un moteur diesel, assure sur les longues distances. Le chapeau vissé au crâne et les lunettes scotchées au nez, Mario nous aura une fois de plus transporté. Dans la vie, il a deux passions: la nourriture mexicaine et sa musique. Si on ne l'aura pas vu manger (il faut dire qu'il a perdu un sacré nombre de kilos depuis quelques années), il suffi de le voir sur scène pour comprendre ce que veut dire l'expression "vivre sa musique". Après presque 1h30 de concert et des armes nommées "Tutta Dorma" ou "Orgy Porgy", le Sojo exulte. La température y devient presque intenable et les premiers pogos font (enfin) leur apparition.
Hier soir, l'ambiance au Sojo était une fois de plus des plus sympathique. Un petit conseil, si vous n'y avez encore jamais été, vous feriez bien d'aller y user vos bottines et les manches de votre chemise de bûcheron. Foi d'amateur de desert rock!

Fatso Jetson

Wheel of Smoke