La soirée d'ouverture, le club day, a eu lieu le mercredi 15 avril. Ce soir-là, des groupes se produisaient dans huit cafés et salles de la ville. Difficile de faire des choix, on voudrait pouvoir être partout à la fois. On a décidé d'aller voir le début du concert de Kampfar, tout juste de retour de leur tournée européenne, au John Dee. Drôle d'idée de programmer un tel groupe, qui attire trop de monde pour la petite salle, en ouverture du club day. Ils auraient eu beaucoup plus leur place sur la grande scène du Rockefeller pendant le festival.
Ensuite, on s'est pressé vers le Victoria, un superbe club de jazz sur Karl Johans gate, pour assister au concert de Hamferð. On voit ce groupe de doom venu des Îles Féroé de plus en plus en Europe et c'est tant mieux. Ça collait juste bien avec l'ambiance de la salle. Dommage que le public ne se soit pas déplacé en masse pour ce concert, qui sera un de mes préférés du week-end.

Hamferd - © ChamO
On est restés ensuite pour la prestation du groupe suivant, les Egyptiens de Massive Scar Era. Pas exactement conquise par leur musique, mais leur attitude et leurs grands sourires faisaient plaisir à voir.
C'est le lendemain que les choses sérieuses ont commencé, le premier vrai jour de festival.
Au programme : Eldjudnir, Deathhammer, Thyrgrim, Impiety, Kryptos, Fleshgod Apocalypse, Syn:drom, Dimmu Borgir et Mystifier. Clairement pas mon jour préféré. Je ne connaissais pas grand-chose à l'affiche. Je retiens les prestations très pro de Fleshgod Apocalypse et Dimmu Borgir et la pêche des Indiens de Kryptos. Dimmu Borgir jouaient deux sets ce soir-là. Ils avaient annoncé qu'ils joueraient un de leurs albums intégralement sans révéler lequel. Il s'est avéré que c'était le fameux Death Cult Armageddon, difficile dans ces conditions de ne pas se mettre la salle dans la poche. De mon côté, j'ai trouvé que ça manquait un peu de conviction, et puis Progenies of the Great Apocalypse sans ICS Vortex, c'est vraiment pas la même chose.

Dimmu Borgir - © ChamO
Outre les concerts, qui commencent vers 17h30, le festival a pour habitude de se démarquer en proposant d'autres activités. Cette année, il y a eu des projections de films et documentaires "metal" dans des salles de cinéma de la ville, les after party dans l'hôtel du festival (où la pils se vend 22€, ouch), des croisières dans le fjord d'Oslo avec des concerts, un concert ultra secret de Vemod avec trente invités au superbe mausolée d'Emanuel Vigeland (auquel je suis toujours dégoûtée de ne pas avoir assisté) et des conférences (parmi lesquelles un songwriter workshop avec Satyr de Satyricon, drum clinic avec Frost de Satyricon et 1349, une autre conférence de Einar Selvik de Wardruna, une interview publique de Necrobutcher de Mayhem pour les trente ans du groupe, ...).
Le vendredi matin, j'ai choisi de me rendre à une conférence sur les social media animée par Jens F. Ryland de Borknagar, qui est par ailleurs celui qui a créé l'Inferno Festival en 2001. Ici, l'ambiance est radicalement différente de celle du festival. Je suis entourée d'une quinzaine de musiciens qui écoutent sagement les conseils qui leurs sont donnés et prennent des notes, le tout dans une salle de conférence d'un hôtel quatre étoiles.
À l'affiche du vendredi : Banisher, Vemod, From the Bogs of Aughiska, A Storm of Light, Mgła, Tristania, Obliteration, Hatebreed, MGR, Necros Christos et Blasphemy.
Une affiche plutôt originale pour l'Inferno, qui est connu pour être un festival de metal extrême et attire plutôt des fans de black metal en général. Si le public n'a pas suivi, c'était pour moi la meilleure soirée du festival, et de loin.
On s'est pris une grosse claque directement avec les Norvégiens de Vemod, que je ne connaissais pas. Une excellente découverte, à conseiller aux fans de Altar of Plagues et Deafheaven.

Vemod - © ChamO
Des excellentes prestations également de Mgła, A Storm of Light et MGR, le projet solo de Mike Gallagher (Isis) avec les musiciens de A Storm of Light. Ces derniers jouaient en fin de soirée dans un bar sur le toit devant une vingtaine de personnes. En repartant, on a jeté un oeil au concert de Hatebreed, la tête d'affiche de la soirée, qui jouaient devant des Norvégiens fidèles à eux-mêmes, complétement immobiles, ça a dû les changer !

Hatebreed - © ChamO
Avant d'entamer la dernière journée du festival, on s'est rendus dans le port d'Oslo pour prendre part à une croisière de deux heures dans le fjord d'Oslo organisée par le festival, avec un concert des Norvégiens de Man the Machetes à bord. Le soleil était au rendez-vous et c'était clairement un des moments mémorables du festival.

Man the Machetes - © ChamO
Au programme du samedi : The Sickening, Sigh, Midnattsvrede, Gehenna, Kruger, Tulus, Oranssi Pazuzu, Rotting Christ, Black Witchery et Watain. Beaucoup plus de black donc.
Sigh, sans inspiration, insipide, jamais compris l'intérêt pour ce groupe. Kruger, l'ovni du festival, a bien secoué la petite salle. Mention spéciale également à Oranssi Pazuzu et leur black-kraut, qui m'ont massacré les oreilles, mais ça en valait la peine. Par contre du coup après ça, le reste m'a semblé fade. Rotting Christ, c'est toujours très efficace en live et le public était vraiment enthousiaste. La salle commençait à se remplir, plus que la veille, ce qui me conforte dans l'idée que l'Inferno devrait éviter d'avoir un line-up si éclectique.
Watain, exténués après plusieurs semaines en tournée, était le groupe que tout le monde attendait. Les petits plats ont été mis dans les grands pour un concert vraiment prenant. Apparemment, de fortes odeurs de viande avariée se dégagaient de la scène mais je n'ai rien senti. Il est difficile de détacher les yeux de leur frontman, Erik Danielsson, complétement en transe. Un show vraiment puissant, malgré la fatigue du groupe.

Watain - © ChamO
Les photos du festival :
- club day
- jour 1
- jour 2
- jour 3

Kampfar
Hamferð
Massive Scar Era
Eldjudnir

Thyrgrim
Impiety
Kryptos
Fleshgod Apocalypse
Syn:drom
Mystifier


Banisher
From the Bogs of Aughiska
A Storm of Light






Sigh


Kruger

Oranssi Pazuzu
Rotting Christ
