A l’occasion de la tournée Black To The Future et de la dernière sortie du disque Meliora, Ghost entame donc son deuxième concert en France et pose ses valises par chez nous.
Avant de commencer les hostilités devant une Laiterie à guichet fermé, l’honneur revient à Dead Soul de prononcer le premier sacrement.
En dehors de quelques boudeurs et retardataires, Anders Landelius et son groupe de Blues oeuvrent dans une salle complète. Connaissant l’engouement de la Laiterie pour les premières parties, on se doutait que chauffer le public ne serait pas une mince affaire et quelques points ont joué en leur défaveur.
Malgré un lightshow onirique et bien prononcé afin d’auréoler ses musiciens, Dead Soul nous a déçu dans sa prestation bien trop statique où chaque musicien était cloisonné sur sa parcelle de planche. S’ajoute à cela un son brouillon avec une forte distorsion masquant les rythmiques du groupe. Enfin, la composition des titres en mid-tempo donnait une lourdeur à l’ensemble de la setlist, et c’est seulement deux titres avant la conclusion de leur passage que la Laiterie démarre son tour de chauffe avec les titres "Burn Forever" et "In Between" par quelques mouvements de têtes et des applaudissements enjoués.

A 21h, Dead Soul plie bagage et l’énergie monte d’un cran dans la fosse. Les lumières se tamisent peu à peu, brume et encens englobent la scène dans une ambiance des plus mystiques et des chants religieux s’échappent des samples.
Les roadies préparent le terrain dans la plus grande discrétion, habillés d’un uniforme. Lorsque l’un deux dévoilent peu à peu le clavier, puis la batterie, c’est l’avalanche d’applaudissement.
Incontestablement, les Suédois restent les maîtres de la mise en scène.
Vers 21h30, l’interruption des choeurs provoque un silence général, avant l’arrivée de la première Goule (ou Nameless Ghoul) qui envoie les premières notes de "Spirit". Peu de temps n’en faut pour l’euphorie générale qui atteint l’apothéose dès que le Pape Emeritus III émerge de la brume.
Voilà donc le groupe parti pour plus d’une heure et demie de son Heavy Metal appuyé par une atmosphère oppressante et religieuse.
Ainsi, Ghost soumet son troisième album Meliora, qui contrairement à son prédécesseur Infestissumam abandonne les choeurs au profit d’un son plus pêchu et moins Pop Rock.
"Spirit" marque le début du set, suivi de près par "From the Pinaccle to the Pit". Les chansons défilent et se concentrent essentiellement sur les deux derniers albums à l’exception de "Con Clavi Don Dio" et "Stand By Him" issue de l’Opus Eponymous. La plupart des hits, sinon la totalité révèle une véritable osmose entre le groupe et son public où les refrains sont chantés comme d’un seul homme parmi une fosse hétéroclite allant de la dizaine à la quarantaine. Un fait rare qui mérite d’être souligné et que je n’ai pas retrouvé depuis mon concert de Blind Guardian l’an dernier à la Laiterie.
Le set, entrecoupé par deux interludes, permettra à son frontman d’abandonner la toge et la mitre pour une tenue de cérémonie bien plus légère et d’ouvrir la dernière partie du show sur la reprise acoustique de Roky Erickson et son titre "IIf You Have Ghosts".

Outre l’efficacité des morceaux proposés, la force de Ghost réside dans sa capacité à assurer un grand spectacle.
Backdrop lumineux (contrastant avec les drapeaux classiques), chandeliers, brume et scène épurée ont constitué un terrain de jeu propice, et bien entendu Papa Emeritus III qui devient l’objet de toutes les attentions.
En reprenant les codes religieux existant, c’est avec curiosité et admiration que défile sous nos yeux le Pape tout vêtu de sa mitre et sa toge marquée par le sceau de Ghost. Gestuelle lente et réfléchie, Papa Emeritus III devient le gourou d’une centaine de disciples en un regard.
Sans tomber dans l’ombre du frontman, chaque musicien trouve sa place sur les planches et attire le regard du spectateur. On retiendra entre autre les nombreux solos d’Alpha, et ses duels avec Omega, soutenu par Papa Emeritus qui demande les applaudissements du public, ou les allers-venus du bassiste le long de la scène. S’ajoutent les échanges vocaux dans un Français honorable et de bien nombreuses allusions sexuelles particulièrement hilarantes.
Malgré cela, nous avons noté quelques ratés au niveau du son sur la gratte soliste et sur la voix, sans toutefois ternir le set. L’apparition anecdotique de nonnes au cours du show et la décoration en retrait nécessitent encore un peu d’aboutissement pour accentuer la culture religieuse.

La messe de ce soir s’achève avec le titre "Ritual" et son rappel "Monstrance Clock". Comme à chaque morceau, le refrain est repris par l’assemblée et tandis que les lyrics restent gravés dans la mémoire, Ghost finit la cérémonie avec un dernier remerciement.
Les prières sont faîtes. Amen.
Remerciements à Olivier

Ghost

Blind Guardian