Pétillante, remuante et surtout pourvue d'une voix rappelant celles de grandes prêtresses du blues made in US, AJ Haynes fait sans aucun doute partie de ces personnes qui croquent la vie à pleines dents et qui profitent de chaque instant à 200%. Avec sa coupe afro, sa petite robe rouge et, surtout, sa bouille des plus sympathique, la jeune chanteuse est à peine montée sur la petite scène de l'étage du 110 du boulevard Anspach qu'elle lance directement les hostilités face à un public qui, tout petit doucement, se laissera emporter par ces sonorités venues de l'autre côté de l'Atlantique.
Même si Seratones n'invente rien et n'a absolument pas pour revendication de révolutionner la planète rock, ce que le quatuor fait, il le fait bien et c'est bien là l'essentiel. Accompagnée de trois musiciens loin d'être manchots, la petite AJ Haynes parvient a faire remuer le Club à coup de médiator et au son de sa voix sucrée et musclée. Plusieurs fois, elle descendra de son piédestal afin de s'offrir quelques petites escapades dans la fosse dont la dernière la verra terminer couchée à terre au milieu d'un public amusé occupé à se trémousser sur ''Necromancer'', premier single dansant de cette nouvelle plaque que nous amène Seratones.
Rappelé pour un bis par un public désormais conquis, le quatuor originaire du pays où on laisse les bons temps rouler nous revient pour une petite dernière et nous claque un ''Kick Out The Jams'' tonitruant repris des MC5 et voilà que la nana dans sa robe rouge nous lance un ''Rock'n'Roll mother fuckers''! Courte et brève, cette piqûre de rappel était juste ce qu'il fallait pour clôturer une soirée découverte qui, le temps d'un set, nous aura fait profiter du soleil de Louisiane.
© photo: JP Daniels
Seratones