
Un choix plutôt atypique, ce rajout de Basement à l’affiche de cette tournée. Egalement un choix controversé car l’annonce de leur présence avait enragé une partie du public de Bring Me The Horizon. Si on s’attendait à une ambiance calme mais sympathique lors de leur prestation, on peut se considérer optimiste. La réalité a en effet été beaucoup plus dure pour les Anglais : la foule est restée statique et complètement insensible à leur musique. Ce n’est pas un secret, être la première partie d’un groupe à succès est une tâche délicate. Mais le traitement réservé à Basement est légèrement injuste. Le groupe, habitué à un public qui s’enflamme au bout d’une seule note, ne doit normalement pas faire grand-chose pour que leur musique fasse mouche. Mais aujourd’hui, face à cette masse de gens qu’il faut conquérir, la formation british se remue sur scène et s’applique pour offrir un set propre et varié, essentiellement piochant des morceaux de leurs albums colourmeinkindness et Promise Everything. Le son est pratiquement irréprochable et tous les éléments sont réunis pour que cela fonctionne, mais il faudra attendre la montée sur scène de While She Sleeps pour réveiller Forest National.

Bring Me The Horizon - Inge Kinnet pour Proximus Go For Music
Ce n’est pas étonnant de voir le public beaucoup plus enthousiaste devant While She Sleeps. Complètement à l’opposé de Basement, il suffira que le groupe fasse son entrée pour que l’ambiance grimpe en flèche. Ca se tasse à l’avant, ça commence à pogoter sévèrement au milieu : pas de doute les fans ont enfin droit à ce qu’ils attendaient. Ca fait chaud au cœur de voir une réponse positive de ce public qu’on pensait mort jusqu’au très attendu Bring Me The Horizon. Cependant, cette réaction semble un peu disproportionnée étant donné la qualité du son médiocre dont ils ont bénéficié. Impossible de percevoir la guitare et la basse, ce qui nous laisse un combo plus que limite de batterie et de chant. Pour les adeptes de While She Sleeps, cette situation ne pose pas de problèmes, mais pour les autres il est difficile de se sentir entrainé par leur musique malgré l’énergie et le charisme débordants du frontman. Toutefois, les morceaux tels que Brainwashed, Seven Hills, Four Walls et Civil Isolation ont indéniablement chauffé la fosse qui brûle d’impatience de voir Bring Me The Horizon sur scène.

Bring Me The Horizon - Inge Kinnet pour Proximus Go For Music
Le groupe est plus que chaleureusement acclamé à la seconde où il foule la scène. On découvre au même moment la disposition de la scène ainsi que leurs décorations et jeux de lumières. En un mot : bluffant ! A ce niveau-là, Oliver Sykes et sa bande ont totalement laissé de côté leur attitude DIY. Derrière les musiciens, un énorme écran projette des images extrêmement esthétiques et quelques paroles, des stroboscopes en jettent plein la vue et on a même droit à un gros lancer de confettis lors du premier morceau Happy Song. L’évolution des Anglais vers la pop est indéniable et on le ressent dans ces impressionnants visuels qui restent tout de fois fidèles à leur style et à leur identité. Et tout juste quand on pensait que le deathcore était de l’histoire ancienne pour eux, les riffs d’un Chelsea Smile totalement inattendu endiablent la salle. Don’t forget your roots, comme le dirait Toby Morse, le frontman de H2O ! Mais soyons clair : cette chanson-ci et quelques passages par ci par là seront les rares occasions d’entendre Oli pousser la gueulante. De manière générale, il faut même tendre l’oreille pour percevoir le son de sa voix. Mais même si on pleure sa perte de puissance vocale, le frontman est charismatique et personne ne pourrait prendre sa place. On continue alors plus en douceur, sans que le show devienne mou. Leur setlist est brillamment ficelée, avec des moments plus brutaux comme pendant Shadow Moses, des passages plus punchy lors de True Friends et Throne, mais également avec des instants touchants comme sur Doomed. Bring Me The Horizon ne restera pas l’heure 45 prévue sur scène, mais on n’aura pas eu le temps de s’ennuyer. Un joli mais puissant Drown clôturera cette prestation réussie et nous dessinera un dernier sourire aux lèvres.

Bring Me The Horizon - Inge Kinnet pour Proximus Go For Music
C’est officiel : le groupe qu’on connaissait n’existe plus, l’évolution vers la pop est réelle, mais elle est effectuée toute en finesse. Hé oui, leurs concerts seront encore plus remplis, et en partie par un public très jeune ! Mais nous aussi nous avons fait partie de cette catégorie (ne le nions pas !) qui voulait à tout prix se trouver au premier rang et qui n’avait d’yeux que pour un seul groupe. Et le groupe en question a prouvé qu’il avait le talent et le potentiel pour arriver à remplir une salle telle que Forest National et nous faire passer un excellent moment. On ne peut qu’admirer Bring Me The Horizon pour cette belle progression et prier pour un showcase privé un de ces jours pour un retour aux sources. On peut toujours rêver !

Bring Me the Horizon


H2O