Si l'heure avancée des concerts nous aura malheureusement fait manquer la prestation des locaux de l'étape, celle de Caudal aura quant à elle fait office de bonne bouchée apéritive. Proposant des morceaux dépassant les 10 minutes et une musique lente et hypnotique, les Allemands surfent sur une vague qui, bien qu'elle soit de qualité, finit par endormir plus qu'à nous emmener vers un Nirvana encore incertain. La découverte aura certes été des plus sympathique, mais force aura été d'avouer que la lenteur et l'aspect monocorde de la musique du trio teuton aura eu raison de notre attention.

De son côté Yawning Man reste inévitablement l'une des grandes valeurs sûres du courant stoner instrumental. Mélangeant finesse, robustesse et délicatesse, les Ricains parviennent à balancer une musique qui nous place directement en dehors du temps. Musiciens plus que confirmés, les Mario & consorts mêlent à la fois rock, stoner et parfois même une pointe de jazz, ce qui donne un côté plus intello et intime à leur art qui se veut pourtant sans étiquette.
Loin d'être de grands communicateurs, nos quatre Californiens auront certes été avares en commentaires, mais auront fourni un set qui, une fois de plus, aura été des plus généreux. Une grosse heure durant Mario, à la basse, et son compère Gary Arce, à la guitare nous auront démontré qu'ils sont plus que complémentaires. Seuls vétérans de 1986, année de formation du combo, les deux compères pourraient être comparés au feu et au vent. Le premier, plus remuant et agressif, le second plus doux, mais venant attiser le premier. Si les riffs de basse de Lalli, parfaitement accouplés à la rythmique de Bill Stinson à la batterie, créent l'ossature de la musique de Yawning Man, les riffs de guitare tantôt plein de finesse, tantôt dépourvus de fioritures, balancés par le placide Gary Arce ainsi que par Dino Von Lalli (rejeton de Mario), viennent, quant à eux, habiller la musique du quatuor de la plus belle des façons, le tout offrant un mariage quasiment parfait.
Après plus d'1h15 de concert et un léger débordement du curfew, la messe était dite. Mercredi soir, il ne manquait en fait que le sable chaud du désert de La Quinta pour que le Magasin 4 ait vraiment des airs de désert californiens!

Yawning Man

Boda Boda
Caudal