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Soit la scène hardcore manque d'humour, soit j'en ai trop !

Parfois une interview ne se passe pas comme prévu et on se fait envoyer chier, mais on s'en fout, on a de l'humour !


Jeudi 15 décembre 2011

Oui, je sais, je suis incorrigible. J’ai 30 ans et depuis mon plus jeune âge je suis adepte de la vanne foireuse, de la blague de trop ou de mauvais goût, des pieds dans le plat (« Je ne suis pas ton père » - « Bin non, mon père est mort » - « … »), du croche-pied innocent qui nous mène à l’hôpital, bref du mauvais truc au mauvais moment. En plus, j’ai du mal à me rendre sympathique de prime abord et honnêtement j’avoue que je ne fais pas beaucoup d’efforts pour y parvenir.

Concernant le côté « interviews » de mon implication dans Shoot Me Again, pratiquer le suce-boules ne m’a jamais tenté et je suis convaincu qu’une personne interviewée sera mieux mise en valeur par des questions périlleuses dont il pourra se sortir habilement que des questions faussement admiratives et sirupeuses posées dans une atmosphère nauséabonde de « je vous respecte trop monsieur la star, comme vous daignez répondre à mes questions je vais vous sucer le chibre jusqu’à plus soif ».

Dans 9 cas sur 10, les personnes interviewées jouent le jeu et gèrent la chose soit avec humour, soit en me remettant à ma place très joliment, ce que j’apprécie. De toute manière je suis fair-play, vu que c’est moi qui ai mis en place les règles du jeu j’assume la défaite avec honneur et humilité. Jusqu’à présent pourtant, j’étais toujours passé entre les mailles du filet. Même après avoir demandé au batteur des Architects s’ils avaient eux-mêmes dessiné les plans de leurs maisons.

Mais récemment, deux réponses de mail m’ont un peu surpris. D’ordinaire, je me serais sans doute remis en question et n’aurais jamais envisagé divulguer cette incroyable mésaventure. Mais comme aujourd’hui j’ai mes règles, je trouvais amusant d’en faire un article.



Le premier cas est celui du groupe français Birds In Row
Birds In Row


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. On parle beaucoup d’eux en ce moment vu qu’ils viennent de signer chez Deathwish Inc . Alors forcément on les voit partout, il y a des articles sur eux dans des gros webzines mais toujours d’une manière aussi chiante que redondante. Alors je me suis dit, pourquoi ne pas prendre le truc à contre-pied, faire une interview baraki-style avec des questions bizarres ? Ca donnerait un ton un peu décalé mais permettrait d’en apprendre sur le groupe car derrière ces questions débiles se cacherait un sens plus sérieux (ah ouais c’est poussé hein). Trève de blabla, voici les questions que je leur ai envoyées :

1- Alors être signés sur Deathwish Inc c’est le truc ultime pour pas mal de groupes je pense ! Comment vous ont-ils découverts et comment se sont passés les premiers contacts ?
2- Avez-vous déjà discuté plus en détails de votre prochaine collaboration ?
3- Depuis l’annonce, tous les regards se tournent vers vous. Ca vous met pas un peu la pression, sincèrement ?
4- Avez-vous déjà senti plus d’intérêt de la part des bookers français depuis quelques semaines ?
5- Pensez-vous que Deathwish Inc soit un bon moyen de se faire facilement une petite tournée aux states ?
6- Si vous aviez refusé de signer, quelle aurait été la raison ?
7- Est-ce qu’il est toujours possible de vous booker à moins de 5000€ et 4 putes de luxe ?
8- Si vous aviez un groupe français à conseiller à Deathwish Inc, vous choisiriez qui ?
9- C’est pas gonflant de ne répondre qu’à des questions sur Deathwish Inc ? Vous n’avez pas peur que le nom du label finisse par vous écraser ?


Ah bin ouais, comme je vous le disais c’est de l’humour pourri mais c’est ce qui arrive quand on ne prend rien au sérieux. Rien je vous dis.

En même temps, une question comme la 7, je l’ai posée pour leur permettre d’affirmer qu’ils resteraient intègres et accessibles, et savoir s’ils allaient continuer à gérer leur booking eux-mêmes. Vous aurez tous compris que les putes de luxe était une métaphore. Idem pour la 9. La première partie de ma question est en totale contradiction avec le reste de l’interview, ce qui en souligne le côté décalé. La deuxième partie, à eux de défendre l’intégrité de leur groupe comme ils l’entendent.

La réponse ne se fit pas attendre. 2 heures après avoir envoyé ce mail, ô surprise, je reçois déjà un mail de retour. Visiblement mes questions n’ont pas plu. Par décence je ne publierai pas le mail reçu (j’ai des principes monsieur, et ça ne se fait pas) mais je vais quand même copier quelques mots-clefs : « là tes questions c'est juste pas possible », « J'ai pas envie d'y répondre, soit c'est du foutage de gueule soit en 5mn t as pas trouvé mieux » ou encore « J'ai pas envie d'être désagréable mais j'ai pas non plus envie de prendre du temps pour ce genre de questions ».

Voilà. La messe est dite. Mon humour pointu ne passe pas et un conseil à mes collègues journaleux : ne titillez pas Birds In Row
Birds In Row


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sur leur signature chez Deathwish Inc . Mais soyons francs, on peut reconnaître à Birds In Row
Birds In Row


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une certaine honnêteté. Ils ont pris la peine de répondre à mon mail en me disant clairement ce qui les dérangeait et pourquoi ils refusaient d’y répondre. Donc je ne tiens pas rigueur au groupe et au musicien qui m’a répondu, et comme au premier jour je leur souhaite bonne chance chez Deathwish Inc !



En terme de franchise, je reste plus perplexe quant à mon deuxième cas. Il y a 6 semaines environ j’ai envoyé quelques questions à Edward Verhaeghe, boss du label Goodlife Recordings . J’ai fait mes armes dans le hardcore avec Goodlife, quand j’avais 17 ou 18 ans presque tout mon argent de poche partait chez eux en CD, en vinyls ou en merch. J’envoyais mon argent de poche à coups de 3000 ou 4000 francs belges dans une enveloppe par la poste, ce qui avec le recul est complètement idiot. Mais passons, ce n’est pas le sujet. J’étais assez excité à l’idée de pouvoir faire un petit article sur le label qui m’a tant donné et sur l’homme qui se cache derrière tout ça ! D’ailleurs dans cet article je vais le rebaptiser Eddy, en référence à Eddy Mitchell car comme son prédécesseur, Eddy Goodlife a importé en Europe son style de prédilection des Etats-Unis.

En tant qu’amateur passionné et éclairé, j’ai essayé pour une fois de poser des questions intelligentes. Si si, regardez !

1- Ed, ton label existe depuis près de 15 ans maintenant. Tu ne penses pas qu’il est temps de laisser un peu de place aux nouveaux venus ?
2- Tu as été un témoin très actif de la fameuse scène H8000 milieu des années 90. 15 ans plus tard, qu’est-ce qui a changé ? Pourquoi ne parle-t-on plus autant de la scène H8000 ?
3- Dans le passé, tu jouais aussi dans un groupe appelé Nations On Fire. Pourquoi as-tu arrêté ? Est-ce que t’occuper d’un label te suffit à remplir tes besoins musicaux ?
4- Quand je vois les dernières sorties Goodlife, il semble que le label est devenu un genre de label beatdown (Nasty
Nasty


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, la compile Beatdown Basterds), alors que tu as sorti beaucoup d’albums metal (Catafalque, Abnegation) et des trucs plus punky ou dansants (As Friends Rust
As Friends Rust


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, Spirit 84, Shortsight). Est-ce le reflet de l’évolution de tes goûts musicaux ?
5- Tu es proche de groupes et de personnes comme Shelter
Shelter
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et as sorti un album pour Disciple. Ces deux groupes sont connus pour leurs fortes convictions religieuses. Tu as aussi sorti des albums pour des groupes avec de très fortes opinions anti-religieuses. Comment combines-tu des groupes aussi différents ?
6- As-tu gardé contact avec tous les groupes avec lesquels tu as travaillé ?
7- Si un groupe voulait signer chez Goodlife, que devrait-il faire ? Est-ce que tu choisis des groupes que tu découvres live ou écoutes-tu des démos toute la journée jusqu’à ce que quelque chose te plaise vraiment ?
8- Tu es plus du genre à travailler jour par jour ou à faire des plans et des objectifs à atteindre ?
9- Quels buts dois-tu encore atteindre aujourd’hui ?
10- Peux-tu m’en dire plus à propos de la compile Beatdown Basterds que tu as sortie il y a quelques semaines ? Est-ce qu’on peut s’attendre à plus par la suite ou est-ce juste un one-shot ?
11- Quelle est la politique de Goodlife sur le téléchargement de musique ? Tu prévois de sortie quelque chose au format numérique ou tu donnes des codes de téléchargement avec tes vinyles comme d’autres labels le font déjà ?
12- Ok, 2011 est presque terminé. A quoi peut-on s’attendre de Goodlife pour 2012 ?
13- Autre chose à dire, Ed ?


Franchement j’ai assuré là non ? Des questions sur le passé du label, des réflexions, bref du beau boulot de journaliste. Sauf que… ah oui, la première question peut sembler agressive.

Heureusement, Eddy a autant d’humour que moi puisqu’il décide alors de ne pas me répondre (LOL) mais plutôt de partager la première question à son armée de contacts Facebook (DOUBLE LOL). Oui, juste la première. Juste pour voir ce qu’ils répondraient. D’ailleurs j’ai tout lu puisque je fais aussi partie de ses contacts Facebook (ULTIMATE LOL). Comme vous pouvez le deviner, puisque les amis d’Eddy sont tous physiciens, ingénieurs ou chercheurs au CNRS, cet échange d’idées s’est vite transformé en débat profond et intéressant. Ce qui m’a permis d’apprendre que je devais me faire enculer au moins 10 fois, mais surtout Eddy m’a gentiment conseillé de ne pas quitter mon travail.



Ah, merci du tuyau Eddy. Parce que justement, le matin même je ne voyais plus vraiment l’intérêt de continuer à travailler en journée alors que je pourrais passer mon temps à m’occuper de Shoot Me Again. Mais le conseil d’Eddy m’a rappelé une durée réalité. Un site sans aucune publicité ni partenariat n’apporte aucune rentrée d’argent. Or, j’ai besoin d’argent pour payer ma maison, mon alcool et mes vidéos porno à la demande. Mais je m’égare.

Ce que je voulais écrire, c’est que trop d’humour tue certainement l’humour. Mais trop de sérieux tue le sérieux aussi. Et à lire cette phrase, je ne regrette pas d’avoir écrit beaucoup de mots avant car sinon ça sonne un peu bateau comme ça.

Mais cela ne m'empêchera pas de continuer à faire des jeux de mots que personne n'oserait faire. D'ailleurs, je prévois toujours de demander à Channel Zero
Channel Zero


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s'ils ont envisagé de rebaptiser HDMI 1 depuis leur retour et à Bring Me The Horizon
Bring Me The Horizon


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s'ils ont maintenant amassé assez de pognon pour acheter cet horizon qu'ils réclament depuis trop longtemps maintenant.
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AUTEUR : Erik
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentr...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
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