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15 ans de SMA - Fred : ''Je pense que la meilleure photo va arriver. Je peux encore m'améliorer.''

Jeudi 19 décembre 2019



Fred, ta première galerie date du 1e septembre 2004, c'était 25 Ta Life
25 Ta Life


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à Leuven. Tu en es à 2.500 actuellement! En 15 ans, as-tu constaté des évolutions du ''métier'' de photographe ? Lesquelles? Je mets des guillemets à métier car c'est non rémunéré chez SMA ????


En fait, j’ai commencé à prendre des photos en concert avant d’intégrer SMA. J’ai usé deux appareils argentiques avant de passer à un Nikon D70. La galerie que tu mentionnes, 25 TA LIFE
25 TA LIFE


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à la JH Sojo de Leuven en 2003, n’est pas ma première galerie faite pour SMA. Ce sont des photos que j’avais prises avant d’intégrer le projet. Mes premières photos pour SMA sont des photos du Street Live Festival à Ecaussines en septembre 2004.
J’avais déjà couvert le festival par le passé dont une édition en argentique. Donc l’arrivée du numérique, aujourd’hui très performant, est une première évolution majeure. Je ne sais plus combien de rouleaux de pellicules j’avais utilisés, mais ça m’avait un peu ruiné en développement et en tirages. D’autant que j’avais donné un double des tirages à l'organisation. Avec le numérique, bien entendu, on fait de grosses économies de ce côté-là.


Kadavar
Kadavar


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I Bomal I 2018

Aujourd’hui, les appareils numériques sont devenus performants et abordables. En réalité, ce qui est onéreux, ce sont les objectifs lumineux et de qualité pour ces conditions extrêmes. Donc il y a beaucoup plus de volontaires aujourd'hui pour se lancer dans le créneau mais mal équipé. Malheureusement, je vois trop souvent des personnes accrédités avec du matériel insuffisant, avec un objectif de base, peu efficace. Et ce sont souvent les mêmes qui bradent leur travail. Avec pour conséquence, des organisations ou des groupes qui ne sont plus suffisamment regardants sur la qualité du travail avant d’accorder une accréditation.
Après, ce phénomène me concerne peu sur l’ensemble des dates que je couvre. Beaucoup de ces dates ne nécessitent pas nécessairement une autorisation préalable pour entrer dans la salle et prendre des photos. Donc c’est plus un constat.


Napalm Death
Napalm Death


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I Bruxelles I 2014

Personnellement, j’aime bien le contact avec le public et je comprends tout à fait ce public quand il se plaint des photographes en frontstage qui montent intempestivement sur les barrières (il est vrai que les grandes scènes sont de plus en plus hautes) et masquent la vue. J’aime rester discret quand je prends mes clichés ou me comporter comme un membre du public. Pour revenir à 25 TA LIFE
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à la Sojo, je me rappelle justement avoir participé au Circle Pit avec l’appareil en main.
Ce qui avait de bien avec l’argentique, c’est que tu fonctionnais plus comme un sniper vu le prix de la pellicule. Aujourd’hui, beaucoup abusent du mode rafale. J’aime bien prendre mon temps et tant pis si je rate certains moments-clés. En corollaire, je constate chez certains beaucoup de difficultés à savoir trier et sélectionner leurs photos notamment à cause de cette opportunité à pouvoir prendre autant de photos sans frais avec le numérique.

Comment as-tu évolué personnellement en 15 ans? Au niveau de ton approche, de ta technique, autre.

Tu essaies encore de voler mes secrets là !
J’ai eu une phase où j’avais besoin d’emmener avec moi plusieurs objectifs pour être paré aux différentes circonstances. Aujourd’hui, comme je suis en full frames (c’est-à-dire un capteur équivalent à ce qu’on connaissait avec le 24*36 de la pellicule), je n’utilise quasiment plus qu’exclusivement mon 24-70 pour toutes mes photos de concert.
J’aimais bien mon 35mm (équivalent +/- à un 50mm en 24*36). Donc j’ai acheté un petit FUJI X100s pour mes photos en dehors de concerts. C’est léger, compact et efficace mais peu réactif.
J’aimais bien aussi mon fish-eye que j’ai exploité suffisamment pour me rendre compte que c’était lui qui faisait le cachait de la photo. Rien ne dit que je ne le ressortirait pas un jour. Mais pour le moment, il ne m’intéresse plus.


Amenra
Amenra


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I Pont-à-Celles I 2013

J’aime bien essayé d’utiliser les lumières de la scène comme un élément graphique qui vient occuper de l’espace sur les photos.
J’aime aussi que mes photos soient très contrastées.
J’aime beaucoup le noir et blanc. Si je n’écoutais que moi, j’en ferais sans doute encore plus. Mais apparemment, pour les non-photographes, c’est devenu difficile de penser la photo sans la couleur.


Implore
Implore


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I Bruxelles I 2019

Je pense qu’une des clés pour progresser, c’est de comprendre son appareil et comment il réagit. J’ai toujours été chez Nikon (mis à part mon premier argentique emprunté à mon grand-père). J’en suis à mon 5ème modèle et ils réagissaient tous différemment à réglages équivalents. Il faut apprendre à débrayer pour connaitre son appareil. C’est-à-dire sortir des réglages automatiques et passer en manuel pour l’apprivoiser. Je ne pense pas qu’il y ait de mauvais appareils. Je pense qu’il y a des limites différentes et des potentiels différents. A partir du moment où l’on connait les limites, on sait quelles photos on peut et on veut faire.

Tu nous confiais récemment que tu n'étais pas à l'aise avec l'exercice de sélectionner tes meilleures photos. Tu disais que ta meilleure photo était celle à venir. Cela veut-il dire que tu es un éternel insatisfait ou en perpétuelle évolution (ou les deux)?

Non, c’est parce que je change d’avis tout le temps !
Pour être exact, c’est un peu des trois. Je ne crois pas être un perfectionniste. J’ai appris et apprends encore à lâcher prise. Je vois parfois des détails qui me déçoivent sur une photo que je pourrais mettre parmi les meilleures. Mais ça ne me rend pas malade et je fais très bien avec pour l’apprécier. Mais j’ai toujours l’impression que je peux mieux faire la prochaine fois. Donc je pense que la meilleure va encore arriver. Et si j’ai cette impression c’est aussi effectivement parce que j’ai le sentiment de pouvoir encore apprendre et améliorer mon travail.


Oldd Wvrms
Oldd Wvrms


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I Liège I 2017

Et enfin, tu peux évaluer ta photo selon plusieurs critères comme la technique, l’instant T saisi, l’impression ou le ressenti que tu as sur le groupe… A certains moments, c’est plus la technique que je regarde, à d’autres la satisfaction d’avoir saisi le moment du concert, ou encore mes goûts musicaux. En musique, j’ai le même problème, j’ai toujours besoin de nouveaux disques à écouter. J’ai toujours le sentiment que demain, je vais entendre un disque meilleur encore que tous ceux que j’apprécie déjà. Et mes émotions du moment influencent mes appréciations, ce qui fait que j’écoute des musiques aux registres différents.

Quel est ton meilleur souvenir en tant que photographe pour SMA?

J’en ai accumulé beaucoup. Ça n’a pas été facile de faire le tri pour choisir et puis finalement je me suis rappelé le festival Sortie 23 en 2006 qui fut 3 jours d’anecdotes ininterrompues tellement ce festival a été un véritable OVNI à tous points de vue… ou presque. Je couvrais l’évènement mais j’y mixais aussi avec les STINKY SQUIRRELS
STINKY SQUIRRELS
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. Je dormais sur place dans la voiture (nous sommes fin août) et je connaissais beaucoup de groupes programmés et de bénévoles sur place. La fête était déjà annoncée avant de commencer.


Stinky Squirrels
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I Wellin I 2006

La programmation était ambitieuse mais terriblement folle. Le site des deux scènes principales, mises côte à côte était gigantesque. L’organisation a vu très (trop) grand.
La météo n’a pas épargné le festival avec une mini-tornade et beaucoup de boue.
En gros, le festival a été foireux. Mais nous avons eu droit à des prestations magiques de nombreux groupes présents. Robin Staps de THE OCEAN
THE OCEAN


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s’en rappelle encore.


The Ocean
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I Wellin I 2006

Le troisième jour, l’organisateur avait disparu et je pense qu’il y a encore des groupes qui n’ont pas été payés à ce jour et plusieurs bénévoles responsables ont tout donné pour accueillir les groupes comme il se devait.
Il y avait de l'électricité dans l’air de ce festival qui cumulait mésaventures et ratés.
La police était très présente sur le site. C’était une volonté de la commune. Mais il y avait aussi un gros déploiement de la Sécu. Au début elle refusait de laisser entrer les ceintures à clous et autres décorations pointues… Mais comme c’était un festival Punk (même si pas que) tu comprends vite que la cohabitation allait être compliquée. Le dimanche, SMASH MY RADIO
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jouait à domicile en province du Luxembourg. Avec l’aide d’un public déchainé, ce fut un énorme bordel dans le chapiteau durant lequel la Sécu ne savait plus où donner de la tête. Les kids prenaient leur revanche.


Smash my radio
Smash my radio


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I Wellin I 2006

MDC
MDC


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jouait sur la grande scène et le groupe a fait sauter les barrières de sécurité invitant le public à passer de l’autre côté pour être au plus près face à une sécurité dépitée qui jetait progressivement l’éponge.
Et à THE EXPLOITED
THE EXPLOITED


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, on doit le moment malsain avec deux jeunes filles, groupies probablement mineures qui accompagnaient des musiciens de Wattieet qui zonaient hagardes sur le côté de la scène .
De mon côté j’ai aussi failli finir au poste de police. Ma voiture dans laquelle je devais dormir était dans le parking VIP de l’autre côté du site du festival. On terminait la nuit du vendredi ou du samedi au Maitrank (une sale habitude) et on a eu vent que c’était tendu aux entrées pour évacuer les festivaliers à la clôture de la journée. Donc dans un état d’ébriété bien avancé, on se rend de l’autre côté du site pour voir ce qu’il s’y passe. J’ai la bonne idée de prendre une photo, avec flash puisqu’il fait noir, à main levé. Autrement dit, une photo de rien du tout et toute floue. Le commissaire, moustachu et en civile, n’apprécie pas et me tombe dessus en me menaçant de m’emmener au poste. Ça n’en valait pas la peine. On est retourné terminer nos bouteilles de Maitrank.

Une anecdote bien pourrie ?

Hum… je n’en ai sincèrement pas une qui mérite ce titre ! Ou je suis chanceux ou j’y trouve suffisamment mon compte pour en tirer assez de plaisir. Spontanément, j’avais envie d’évoquer toutes les fois où un groupe, une organisation ou la presse n’a pas respecté le travail de photographe. Mais j’ai pris des distances par rapport à ça. Les anecdotes de ce genre que j’ai accumulé, je préfère insister sur le ridicule de la situation ou des arguments.
Allez, on va dire Julie Christmas avec MADE OUT OF BABIES
MADE OUT OF BABIES
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au DNA. J’en garde un très bon souvenir donc tu vois, ce n'est pas non plus un trauma. Et je ne la choisis pas parce que Noël approche non plus !


Moob
Moob
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I Bruxelles I 2008

Mais bon, les conditions lumineuses du DNA et l’appareil de l’époque, font que j’utilise mon flash pour sortir des photos potables. Ce qui ne plait pas à Julie Christmas, la chanteuse qui me le fait savoir. Quand tu connais le caractère de la chanteuse, tu n’as déjà pas trop envie d’insister. L’histoire pourrait s’arrêter là mais si tu regardes bien, à ce concert, Julie Christmas avait un œil au beurre noir. Alors, tu supputes que tu n’es pas le premier à l’avoir agacée sur la tournée et ça te donne encore plus envie d’écraser.
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AUTEUR : Isabelle
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évèn...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrièr...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe e...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....

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