Reportage

Hellfest 2022 - Jour 1 : It's good to be back

Clisson (Hellfest Open Air), le 17-06-2022

Dimanche 28 août 2022



Après deux années sans pouvoir participer à un festival majeur, nous sommes de retour en terre clissonnaise pour une double édition qui s’annonce dantesque à bien des égards. Pendant la longue période de disette où nous avons rongé notre frein, la bande à Ben Barbaud nous a permis de tenir le coup avec le Hellfest From Home, festival interactif qui n’a pas connu d’équivalent. Notre choix s’est porté sur le Hellfest plutôt qu’un autre festibal car d’une part celui-ci propose des têtes d’affiche qu’on ne retrouve pas ailleurs à la même période de l’année, et d’autre part, la variété des formations proposées est incroyable. Au Hellfest, tu peux alterner une flopée de groupes dignes d’une affiche de festival spécialisé de black ou death metal et enchaîner avec les pontes de la musique extrême -voire du rock- qui tournent en Europe durant les festivals estivaux.

Double édition oblige, les parkings ont été dédoublés : en plus des traditionnels parkings à l’est du festival, un espace récemment acquis à l’ouest de celui-ci offre 35ha supplémentaires pour se garer et fonctionne avec un système de navette.



Comme beaucoup de monde, nous devons composer avec le fait que cette édition 2022 a un coût économique mais surtout organisationnel importants puisqu’il faut s’organiser pour participer à un événement qui s’étend sur une semaine et demi. Par ma part, le choix a été fait de réaliser un aller-retour entre le dimanche 19 juin et le jeudi 23 juin. Avec 3.200km -soit presque 10heures par trajet- à avaler en plus de journées sur place à rallonge, la fatigue aura sans conteste impacté l’expérience vécue, sans parler de la canicule des deux premiers jours. Après un premier trajet et une sieste de 50 minutes–sur une période de 48 heures, je débute les hostilités avec un premier trajet en navette qui se passe de façon rassurante puisque nous n’aurons attendu qu’une vingtaine de minutes avant de pouvoir embarquer. Arrivé sur le site, privilège réservé aux « invités » oblige, nous avons presque directement accès au site du festival ce qui nous permet de réaliser un rapide tour du propriétaire avant le premier concert. Inutile de s’étendre sur le sujet connu et débattu de tous mais la scénographie du Hellfest reste à notre estime la meilleure qu’on peut croiser dans un festival de musique extrême. Le travail réalisé depuis des années porte aujourd’hui ses fruits, les yeux des festivaliers pétillent comme ceux des enfants qui pénètrent pour la première fois à Disneyland Paris ; certains regretteront cependant la dichotomie entre l’esprit underground de la musique extrême et des décors en mode Tomorrowland.

Abrahma * Valley * 10h30 – 11h00



Le temps est enfin venu de débuter l’expérience musicale avec le stoner/doom psychédélique des français d’Abrahma
Abrahma


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. C’est typiquement le genre de groupe qui m’a fait me déplacer à Clisson plutôt que dans un autre festival majeur. Une formation qualitative, qui tourne principalement dans des lieux underground et qu’il est difficile de pouvoir observer en concert sans un déplacement trop conséquent. Bref, une pétite.

Le concert est intense, le frontman est particulièrement charismatique, j’ai l’impression qu’en un clignement d’yeux la prestation est terminée ; on en arrive à un point sensible du Hellfest, le cumul d’excellents prestations intenses mais –trop- courtes. Je clôture ce moment suspendu en attrapant un mediator lancé à la volée, avant qu’un homme dans la quarantaine en revendique la propriété car il aurait d’abord atterri sur son épaule. Je l’envoie sur les roses, le code civil français enseignant qu’ « en fait de meubles, la possession vaut titre », avant de me raviser en lui offrant son précieux non sans souligner son comportement éloigné des codes de la famille « metal » -j’y reviendrai par la suite.

Mortis Mutilati * Temple * 11h05 – 11h35



Bien qu’ayant souligné qu’une prestation de trente minutes est trop courte pour apprécier l’excellence d’un groupe, il m’a suffi d’un quart d'heure de Mortis Mutilati
Mortis Mutilati


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pour m’enfuir. L’un des deux gagnants du Voice of Hell représente tout ce que je déteste dans le black metal, genre qui atteint le plus ma sensibilité pour le moment : du grotesque, un manque de rigueur et une resucée du passé. J’aurais peut-être l’opportunité de les voir à une autre occasion et de changer mon fusil d’épaule, mais pour le coup j’ai davantage eu l’impression d’assister à une parodie de black metal qu’à une messe noire.

Higher Power * Warzone * 12h15 – 12h45



Nous arrivons à un moment particulier de mon expérience au Hellfest étant donné que je vais assister à l’un de mes deux seuls concerts à la Warzone. Pour ceux qui n’aurait jamais pratiqué le festival, il s’agit véritablement de l’ovni des scènes proposées : l’endroit est très vite difficilement accessible et l’ambiance chaude en mode punk hardcore reste vraiment différente des autres expériences proposées par les différentes scènes.

Nous avions encensé le dernier album d'Higher Power
Higher Power


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27 Miltes Underwater et nous sommes rapidement rendu compte qu’ils sont aussi bons en studio que sur scène. Les tubes s’enchainent à vitesse grand V, l’ambiance est dingue, nous avons vraiment l’impression de partager un joyau avec un public d’initiés. Pas de doute, nous reverrons les anglais avant d’être enterré six pieds sous terre.

Ego Kill Talent * Mainstage 2 * 12h50 – 13h30

Direction le Brésil, non pas avec Sepultura
Sepultura


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mais en compagnie d'Ego Kill Talent
Ego Kill Talent


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. Mon premier concert devant l’une des deux Mainstage a lieu depuis le point de vente des produits dérivés à l’effigie du Hellfest. Petit conseil : observez les innombrables files d’attente une ou deux minutes avant de vous positionner, vous pourriez passer du simple au double temps d’attente.

Le show proposé par Ego Kill Talent
Ego Kill Talent


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est au diapason de l’expérience studio, ou de la simplicité au profit de l’efficacité. Les musiciens s’amusent à échanger leur place, comme pour combler le caractère générique de leur musique. Finalement, ce concert observé de loin correspond parfaitement au planning imaginé, parfait.

Elder * Valley * 14h20 – 15h00

Retour à la case départ, le temps étant venu de profiter de la venue d’Elder
Elder


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à la Valley. Le rock progressif psychédélique des américains n’a pas manqué de peser rapidement sur une assemblée captivée, comme si le soleil vert qui s’abat sur Clisson ne suffisait pas. Cette chape de plomb s’explique notamment par une mise en avant de la basse et une voix reléguée au second plan.

Si le dernier album studio en date (Omens, 2020) nous avait déçu, en live la formation reste une valeur sûre. Après seulement quatre titres joués, nous devons malheureusement nous quitter, payant le prix d’un festival de cette envergure et de son planning (sur)chargé.

Seth * Temple * 15h05 – 15h50



Dans un environnement peu adéquat en raison de la chaleur qui nous assomme les uns après les autres, nous avons rendez-vous pour la messe noire des pionniers du black metal français Seth
Seth


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. Fort du brillant dernier opus La Morsure du Christ (2021) qui les a ramené à l’avant-plan, le public est présent en masse pour les accueillir.

La setlist est parfaite, prenant appui principalement sur ce dernier long effort et proposant deux incursions dans le mythique Les Blessures de l’Âme (1998). Le spectacle frise par moment le ridicule mais nous passons un excellent moment. Le rendez-vous est pris au Night Fest Metal d’Arlon pour de nouveaux blasphèmes.

Shinedown * Mainstage 2 * 15h55 – 16h40



En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, nous faisons un crochet pour aller chercher de quoi nous restaurer au niveau de la zone principale des Foodtrucks avant de filer en direction de la Mainstage 2 où nous attendent Shinedown
Shinedown


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. Les américains sont venus défendre le récent Planet Zero (2022) dont on entendra au final que deux titres.

Nous retrouvons tout ce que nous aimons chez Shinedown
Shinedown


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 : de l’émotion, des hits avec une setlist qui se ballade habillement de part et d’autre de leur discographie et surtout une dose corsée de fun. L’ambiance est au rendez-vous dans le public, l’arrosage permanant de celui-ci à l’aide de lances de pompier participant au rendre le moment exceptionnel, tandis que la voix d’un Brent Smith moins torturé que par le passé mais plus heureux nous prodigue encore et toujours des frissons. La machine à tubes d'outre-Atlantique a encore frappé, nous sommes conquis.

Necrophobic * Altar * 17h35 – 18h35



Tentant tant bien que mal de survivre à la chaleur infernale des lieux, nous nous réfugions sont l’Altar avec Necrophobic
Necrophobic


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. La légende suédoise du black/death composée de ses cinq membres charismatiques ne manquent jamais de frapper là où ça fait mal, à l’image d’une discographie qualitative.

Comme pour Shinedown, nous avons droit à un best-of de leurs œuvres, avec une légère mise en avant du dernier opus Dawn of the Damned (2020). Malgré une prestation consistante, le public a un peu de mal à être à la hauteur, les jambes visiblement coupées par la canicule –un nombre anormal de festivaliers se massent couchés au sol au fond de la tente et devant celle-ci. On se consolera en entendant notamment le puissant Tsar Bomba.

The Offspring * Mainstage 1 * 18h40 – 19h40



En arrivant dix minutes avant le début de The Offspring
The Offspring


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, nous sommes pour la première fois relégué à une longue distance d’une des deux Mainstage, au niveau de la première tour. Il s’agit probablement du concert de la première partie de l’édition 2022 durant lequel j’ai eu à subir une foule aussi compacte, l’expérience n’est pas des plus agréables.

Ces dernières années, nous avons pu assister à plusieurs concerts de The Offspring
The Offspring


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et généralement, le niveau fut décevant. Une fois n’est pas coutume, Dexter et Noodles sont enfin en forme et nous ont gratifié d’une excellente prestation. Le public est majoritairement constitué d’anciens adolescents qui ont été bercés aux sons de Smash (1992) et Americana (1998). Tout le monde semble avoir apprécié ce moment nostalgique, nous les premiers.

Dropkick Murphys * Mainstage 1 * 20h50 – 22h05



Nous terminons cette éreintante première journée avec une valeur sûre en live, les Dropkick Murphys
Dropkick Murphys


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venus balancer leur punk celtique. Sans trop de surprise, l’ambiance est survoltée dès les premières notes, malgré un début assez poussif en raison d’un Ken Casey qui n’est pas dans la forme de sa vie et un son fort brouillon. Que ce soit au niveau du chant ou des instrumentaux, nous avons de sérieux soupçons que cette première partie de Hellfest souffre de difficultés qui incombent aux ingénieurs sonores, en atteste la flopée de chanteur qui lors des deux ou trois premiers titres ajustent en direct les différentes balances –du rarement vu.

L’absence au chant d’Al Barr se fera sentir durant l’entièreté du set. Nous sommes loin de la qualité d’ensemble de 2019 mais ne bondons pas notre plaisir, le show reste impressionnant et nous avons globalement partagé un bon moment en compagnie des bostoniens. Dernier point positif, on soulignera le crowd surfing d’une personne en chaise roulante, un délire habituel « de la famille metal » qui me décroche à chaque fois un sourire, signe de l’humanité qui habite la communauté. A final, peu importe la qualité de la prestation, nous avons vécu un véritable moment de communion que seul les Dropkick Murphys
Dropkick Murphys


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peuvent nous proposer, whisky pour tous !

Remerciements à l'organisation du Hellfest ainsi qu'à Roger Wessier et son équipe
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AUTEUR : Renaud
Amateur de musique métal aux goûts éclectiques, il a rejoint l'équipe en vue de chroniquer diverses sorties d'album. Tu auras peut-être l'occasio...
Amateur de musique métal aux goûts éclectiques, il a rejoint l'équipe en vue de chroniquer diverses sorties d'album. Tu auras peut-être l'occasion de le croiser lors d'un concert à l'A.B., au Reflektor ou en festival. N'hésite pas à lui fait part de ton avis et des idées qui te viennent à l'esprit lors de la lecture de ces chroniques, il ...
Amateur de musique métal aux goûts éclectiques, il a rejoint l'équipe en vue de chroniquer diverses sorties d'album. Tu auras peut-être l'occasion de le croiser lors d'un concert à l'A.B., au Reflektor ou en festival. N'hésite pas à lui fait part de ton avis et des idées qui te viennent à l'esprit lors de la lecture de ces chroniques, il t'en sera reconnaissant....
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