Reportage

Une journée au Ieperfest 2015

Ypres (Ieperfest), le 15-08-2015

Samedi 5 septembre 2015

En matière de festival Hardcore on pourrait considérer l’existence de deux camps en Belgique : le Groezrock d’un côté et le Ieperfest de l’autre. Gros noms et sponsors d’un côté, références pointues et et militantisme d’un autre. Dans les deux cas, généralement l’assurance de bien belles affiches pour les amateurs du genre. Une chance pour nous. Cette année encore, le Ieperfest proposait son affiche unique axée Hardcore, mais pas que, pour trois jours remplis à ras bord de bonne musique et de bouffe vegan.



Cependant, pour diverses raisons, je choisis cette année de ne faire que la journée du samedi. Assez incroyablement achalandée, en dépit d’une tête d’affiche assez standard (Biohazard
Biohazard


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), cette journée est surtout la promesse de voir aussi bien des légendes de la scène (Doom
Doom


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et Discharge
Discharge


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, excusez du peu) que d’autres noms bien plus rares (au hasard : Força Macabra
Força Macabra


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) tout en rassemblant deux des tournées les plus alléchantes du moment (celle de Touché Amoré
Touché Amoré


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ou celle de Cryptopsy
Cryptopsy


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par exemple).



Pas de temps à perdre en arrivant sur le site (beaucoup moins boueux que prévu) du Ieper. La journée démarre en effet assez fort avec les belges de Deconsecrate
Deconsecrate


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, auteurs d’un album des plus réussis, flirt assumé entre H8000 et Death Metal (et des guests de luxe en la personne de John Gallagher de Dying Fetus
Dying Fetus


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et Damien Moyal ,ex Morning Again
Morning Again


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). Sur scène c’est bien le côté plus Metal qui ressort et le groupe assure une présence déjà très affirmée. Un début de journée tapageur.

Revendiquant totalement son héritage 90’s, xREPENTANCEx
xREPENTANCEx


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est l’une des dernière sensations en provenance du Royaume Uni. Jouant un Hardcore rappelant énormément Arkangel
Arkangel


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, les Anglais ont sorti avec The Sickness of Eden une petite pépite qui les a bien fait remarquer auprès de tous les amateurs de cette époque, tout en lui donnant un petit coup de jeune pour les plus novices. Le constat live est identique, le groupe est excellent et son leader s’accapare la scène comme s’il jouait dans une petite salle de sa province anglaise. A revoir très vite si possible !


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Une pause le temps de se remettre de ces deux très bon sets et nous voici devant les belges de Cheap Drugs
Cheap Drugs


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, pour leurs derniers morceaux. Le groupe se produit dans la Trench, cette troisième scène sous une petite marquee introduite lors de l’édition 2014, et bien heureusement reconduite cette année. Nous ne voyons que la fin d’un set manifestement assez barré et accrocheur, et surtout réussi.


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Et dans le genre barré c’est également sous la Trench que nous nous précipitons pour le concert de Dangers
Dangers


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(opening act pour Touché Amoré
Touché Amoré


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et Loma Prieta
Loma Prieta


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lors de cette tournée estivale en commun). Un choix qui nous fait rater le retour de By the Grace of God mais que nous ne regrettons pas tant ce concert survolté nous laisse sur place ! Avec ce petit feeling à la The Dillinger Escape Plan
The Dillinger Escape Plan


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, Dangers
Dangers


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(qui comprends des membres de Graf Orlock
Graf Orlock


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) électrise son audience, notamment en la personne de son batteur, au style aussi atypique qu’énorme (au sens figuré !). Un concert bien dingo et très apprécié.

Ce qui nous amène au choix cornélien, impossible, de la journée : Psycroptic
Psycroptic


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ou Loma Prieta
Loma Prieta


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? Un véritable crève-cœur en ce qui me concerne. Nous décidons finalement d’aller voir le début du set de Psycroptic
Psycroptic


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pour aller par la suite sous la Trench assister à la fin de Loma Prieta
Loma Prieta


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. Une transhumance que nous n’opérerons jamais tant Psycroptic
Psycroptic


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nous cloue sur place ! On aurait dû s’en douter, Psycroptic
Psycroptic


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comme à son habitude délivre en effet un set hyper maîtrisé, violent, technique, mélodique, intense. Personnellement, cela faisait un bail (depuis la tournée 2012) que je voulais revoir le groupe et je n’ai pas été déçu, clairement, malgré un nouvel album que je trouve un peu en deçà. Une référence incontournable du Death technique.



Le temps de me remettre, je regarde d’un œil distrait (malheureusement) Trial sur la Main Stage (tiens, il ne pleut toujours pas ou sommes-nous passés entre les gouttes ?). Je ne peux donc pas juger correctement de la performance de Greg Bennick, légende de la scène, et je m’en excuse bien platement !


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J’aurais mieux aimé que Doom
Doom


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se produise sous la Trench, à mon avis plus adaptée à leur style, mais il est vrai peut-être trop petite pour accueillir ces références du D-Beat / Crust. Le groupe fait honneur à son statut avec un set énergique et rageur, qui contente manifestement les fans du genre. On note d’ailleurs que le groupe joue plusieurs extraits de son dernier album en date (Corrupt Fucking System), preuve à nouveau que le son des anglais s’incorpore très bien à la scène moderne. Typiquement le genre de groupe que l’on souhaite voir au Ieper et que l’on est heureux de retrouver cette année.

Cet été, Guns Up se reformait pour quelques concerts et c’est évidemment la main stage du Ieper Stage qui a l’honneur d’accueillir les canadiens. A l’instar de Trial, je me trouve un peu éloigné (et un peu essoufflé après Doom
Doom


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!) pour juger correctement de leur prestation que j’ai trouvé cependant fidèle au rendu studio du groupe. Vont-ils s’arrêter là ou aller de l’avant ? Une question à laquelle l’annonce de réédition de leur disco ne répond pas vraiment après coup.


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Autre choix difficile (décidément ce running order qui fait jouer en même temps la main stage et la Trench me pose des soucis !) à faire aujourd’hui : Força Macabra
Força Macabra


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ou Cryptopsy
Cryptopsy


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? Ayant déjà vu les canadiens et n’étant au contraire pas certain d’avoir l’occasion d’assister, live, au délire des Finlandais chantant en portuguais, je me rends donc sous la Trench assister à la prestation de Força Macabra
Força Macabra


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. Complètement pris dans le délire du groupe j’adhère totalement au set délivré, entre attaques Punk/Hardcore, dérives Metal et piqures Crust. Un moment généreux, offert par un groupe partageant...jusqu'à son vin.



All Out War
All Out War


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ou comment montrer ce qu’était le vrai Metalcore des années 90. Nouvel EP à l’appui (Dying Gods), All Out War
All Out War


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démonte la main stage, interprétant ainsi ses nouveaux morceaux comme les brulots plus anciens (et notamment ceux issus de Truth in the Age of Lies). J’espère sincèrement que l’on reverra bientôt le groupe en salle car ce set appelait clairement une autre fois.


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L’organisation l’expliquait dans leur bio: avec leur texte évoquant la Première Guerre Mondiale, les belges de God Dethroned
God Dethroned


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seraient à l'aise sur la plaine de Ypres. Sous la Marquee, leur Black Metal me permet de me nettoyer un peu les oreilles et de brandir le poing au gré des quelques hymnes joués par le groupe (Hating Life, en intro, ou Boiling Blood et autres Sigma Enigma), même si je regrette que les solos ne puissent pas mieux être discernés.

Déception de mon dernier Neurotic, Entombed A.D.
Entombed A.D.


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figure quand-même sur ma liste des groupes à voir aujourd’hui. Quelle bonne idée ! Lourd, groovy, la bande à Petrov a la patate ce soir. Deux morceaux de Back to Front, dix « covers » de Entombed
Entombed


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avec notamment les fameux Wolverine Blues, et Left Hand Path en fin de set, mais aussi Supposed to Rot et Serpent Speech. Du grand Death old school ce soir. Au final il faudra que je me souvienne que, aussi bizarre que cela puisse paraître, c’est dans un fest typé Hardcore que j’ai vu mon meilleur concert de Entombed A.D.
Entombed A.D.


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cette année.


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C’est devenu une mauvaise habitude, le Ieperfest fait face chaque année à des vagues d’annulation (une dizaine de groupes cette fois) l’obligeant à revoir son affiche, parfois à quelques semaines (jours) de l’événement. Une constante néanmoins : l’organisation ne tombe jamais dans la facilité et sait parfois même nous offrir de belle surprise, à l’instar de Discharge
Discharge


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, annoncé au début de l’été parmi une vague de remplaçants. De luxe donc ! Car revigorés par l’arrivée de JJ Janiak au chant, qui réinsuffle l’esprit originel du combo, Discharge
Discharge


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délivre une leçon de punk façon D-Beat / Crust. L’attaque sur Hear Nothing pose directement le ton du concert, qui n’oublie pas le fameux Possibility of Life's Destruction entre autres classiques. Un gros succès et un groupe au top !


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Entre ce set dévastateur et le point culminant de la journée à venir, j’opère donc assez naturellement une pause au loin, en regardant distraitement Walls of Jericho
Walls of Jericho


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, un groupe que j’ai déjà vu à de maintes occasions. Candace est physiquement plus impressionnante chaque année, la setlist, répétitive, beaucoup moins, mais les quelques classiques du groupe font toujours plaisir à entendre (The American Dream notamment).


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Alors il est temps, il est grand temps d’aller se placer correctement sous la Marquee (et dans mon cas : juste devant la scène) pour le set des maitres de la ‘The Wave’ américaine : Touché Amoré
Touché Amoré


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. A en juger par la foule compactée devant la scène, Touché Amoré
Touché Amoré


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est très attendu. Il faut dire qu’en l’espace de trois albums et quelques EPs le groupe s’est forgé une fanbase ultra solide ainsi qu’une collection de hits à la mode screamo revival à faire pâlir n’importe quel vétéran de la scène. Surtout, Touché Amoré
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a su remuer (dans tous les sens du terme) de nombreux fans par sa musique et ses lyrics, sincères, émotionnels, intenses. Soient des qualités que l’on retrouve dans le concert de ce soir mais d’une manière quelque peu décuplée par le brio du groupe en live ainsi que par la communion fusionnelle qui va s’opérer entre le groupe (et en particulier Jeremy Bolm) et le public.


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Les stage diving, slams et autres singalongs pleuvent littéralement du début à la fin de concert, Touché Amoré
Touché Amoré


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ne manquant pas de montrer à quel point cet attachement les émeut. Plus encore, à mesure que les mesures défilent on prend conscience que l’on est en train de vivre le concert de Touché Amoré
Touché Amoré


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quasi parfait, doté d’une setlist aux petits oignons, d’un son clair et puissant et surtout d’une osmose totale entre un groupe à fond et un public conquis, partageur, connaisseur. La barre est désormais placée très, très haute.


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Evidemment, après un tel show il est difficile de retrouver la réalité et c’est d’un pas assez tranquille que je me dirige vers la main stage pour assister à mon deuxième concert de Biohazard
Biohazard


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en moins d’une semaine (après une première partie de Trivium
Trivium


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quelques jours plus tôt au Luxembourg). La setlist est identique, Billy et compagnie se font toujours autant plaisir sur scène et Biohazard
Biohazard


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assure en mode « setlist old school », tout simplement. Mais personnellement, j’ai toujours la tête à Touché Amoré
Touché Amoré


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et il me faudra bien du temps pour descendre de mon petit nuage.

Il est minuit, cette journée de festival s’achève avec plusieurs satisfactions : finalement aucune goutte de pluie (magie !), d’excellents moments passés entre amis, et surtout une kyrielle de concerts excellents dans la besace, avec en tête celui de Touché Amoré
Touché Amoré


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. Meilleure journée de festival de l’année, haut la main !
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