Moins par l’allusion à la quatrième itération dans le format long que par la référence directe au cancer, cette saloperie qui a malheureusement emportée la mère de Jeremy Blom (chant) en 2014. De quoi inspirer un album presque concept, mais surtout un de ces rares albums capables de mettre en musique de la manière la plus cohérente et harmonieuse qui soit des histoires tangibles, à l’émotion palpable, sans donner pour autant dans le pur larmoyant ou le trop enlevé. Ou comment donner aussi bien l’envie de headbanger que de pleurer.
Intros délicates et éruptions de guitares surplombées par les vocalises écorchées de Jeremy, on retrouve Touche Amore tel qu’on le connait et l'apprécie, mais en plus tendu encore. Il suffit de jeter un œil aux textes pour comprendre dans quel état d’esprit le groupe pouvait se trouver lors de la composition de cette œuvre, et faire ainsi résonner le contenu en chacun. Extraits :
I haven’t found the courage to listen to your last message to me.
I apologize for the grief/ When you’d refuse to eat/ I just didn’t know what to say/ While watching you wither away.
Bien que peut-être encore plus mélodique que précédemment, Touche Amore n’innove pourtant pas dans la forme. Certaines parties plaisent d’ailleurs autant qu’elles rappellent d’autres compos des Californiens (l’intro de Displacement par exemple) ; mais il reste difficile de s’extirper de cet album sidérant de justesse.
Touche Amore transcende l’exercice cathartique qu’il s’est imposé sur ce Stage Four. S’il apporte assez peu à l'édifice musical que le groupe s'est depuis longtemps bâti, il fascine. Pétri d’émotions, et d’une intensité à couper le souffle.
Hardcore, Screamo, The Wave, concept

Touché Amoré