Avant un futur EP annoncé pour avril qui marquera le retour de BIG’N, African Tape se lance dans une compilation reprenant des inédits et des titres sortis en 7’’ entre 1990 et 1995. Le groupe habitué à travailler avec Steve Albini, personnage quasi-incontournable de toute façon, s’en est une fois encore remis à ses mains expertes pour le EP à venir.
Dying Breed reprend donc l’ensemble de ses titres sortis en plein essor de la Noise de Chicago. Agencé de manière anachronique (ça s’entend), Dirtfarmer est un titre qui ouvre le disque de manière percutante. On y retrouve condensés tous les ingrédients qui font d’un morceau un moment d’une intensité exceptionnelle. Avec hargne et saturation, BIG’N joue et tranche dans le vif du sujet. À part l’une ou l’autre exception (Godawful), c’est avec une urgence vitale que BIG’N déchaîne les riffs acérés. À l’exception donc de ces moments légèrement en décalage, notamment au niveau de la production, Dying Breed s’écoute comme un album. Un peu long puisque composé de 16 titres, AfricanTape arrive à faire illusion avec les successions. Et lorsque BIG’N reprend AC/DC, il ne commet aucune erreur et ne se trompe pas. TNT est une vraie bombe. C’est à la fois une adaptation réussie, un choix judicieux et une interprétation naturelle. Plus loin BIG’N remet le couvert avec Dirty Deeds Done Dirt Cheap. Un choix un peu facile, qui ne trompe plus sur le caractère compilateur du disque, mais qui reste très appréciable.
Si BIG’N dans les années 90, n’a pu monter en grade, ce ne sont pas les qualités du groupe qui l’ont pris en défaut. Cette compilation est là pour remettre, certes le groupe en retour, sur le devant de la scène, mais aussi les pendules à l’heure concernant ce dernier. Aujourd’hui, il est évident que BIG’N méritait autant d’intérêt que SHELLAC ou THE JESUS LIZARD à l’époque. Reste à voir si le BIG’N de 2011 aura su garder d’autant de rage, de courroux et de férocité.
Shellac
AC/DC