Ce sentiment s'estompe très rapidement. KITSHICKERSgarde deux constantes : le monde onirique de ses dessins qui illustrent les pochettes d'un côté. Et de l'autre cette obsession à mélanger les genres musicaux poussée ici à l'extrême.
L'intro "so that's the miracle of life" plante un décor digne d'un mauvais trip façon Science-Fiction des années 70 et sied merveilleusement à la pochette et son artwork. Une entrée en la matière aussi car cette influence tirée des films de SF des années 70 sera le fil conducteur et le dénominateur commun durant l'album.
A partir de là, se grefferont donc une succession d'éléments musicaux, parfois durs, hypnotiques, sombres, aériens, lourds, violents...
Ainsi "and what else do you need" qui démarre en trombes sur l'intro n'est pas sans rappeler avec sa riff de guitare hypnotique et répétitive le style de AC/DC.
Difficile de synthétiser cet album et chaque plage donc. Chacune d'entre-elles regorge d'éléments et de styles. KITSHICKERS a une facilité déconcertante, que ce soit entre les morceaux ou à l'intérieur même de ses longues plages à passer à la moulinette une somme considérable de registres.
L'excercie est périlleux. Pourtant KITSHICKERSréussit l'assemblage. L'écoute par contre n'est pas aisée. Encore plus sur ce "so that's the miralce of life", il sera nécessaire à l'auditeur de sortir des formatages habituels.
Les luxembourgeois ont repoussé les limites et temps que soi-même, on n'a pas atteint ces barières, difficile d'entrer pleinement dans l'album.
A ma connaissance, seul The God Machine avait réussi à mélanger tellement de genres comme ingrédients. KITSHICKERS a fait sa propre recette, une cuisine comparable mais aussi différente dans sa manière d'utiliser les ingrédients et de les choisir.
Je dois dire aussi que dans son ensemble, "so that's the miracle of life" se rapproche dans le style mais en version moderne des vieux Hawkwind. On en revient à ces influences des années 70 et de la SF de l'époque.
Vous l'aurez compris, ce disque s'adresse à un auditorat averti, pro-actif, favorable à une démarche réflective, d'attention et de remise en question. Il faut être prêt(e) à se dépasser pour cerner l'album.
Un album qui se termine avec la plus longue plage, "you were already dead", ma préférée. Progressive, introspective, fragile et pourtant si solide.
