Les quelques featuring présents sur l’album donnent déjà un aperçu des semblables que le renouveau de Suasion s’est choisi. On note la présence de Tobias Rische et Kassim Auale de Alazka, tout comme Philip Strand de Normandie. Les premiers donnent du corps vocalement au titre Quand les yeux se croisent. Un nom en français pour des chanteurs venant d’Allemagne, avec un groupe belge qui reste sur l’anglais dans tous ses titres pourtant. C’est avec ce genre d’éléments singuliers que l’on comprend que Suasion s’est fait plaisir sur Stardust. Beaucoup de travail et de réflexion pour un résultat très spontané qui sont efficaces.
Certes, les puristes du djent pourraient être troublés à l’écoute de certains riffs ou montées vocales sonnant comme Muse ou Linkin Park : pour prendre les exemples les plus généralistes. Les influences plus rock-alternatives sont clairement assumées par le groupe, sans – heureusement – pousser le quatuor dans le cliché ou le déjà-vu. L’intro que constitue Mission, suivi de Colorless (single sorti avant) qui invite Philip Strand pour un metalcore soft bien agrémenté de nombreux samples. Le ton est donné clairement, la recette fonctionne bien sans faire d’excès de l’un un l’autre pendant musical travaillé. Le côté vocal est sans conteste un des points les plus développés avec le jeu entre solos de guitares et samples électroniques. La structure des pistes est bien ponctuée par cet univers digital, voir même « cinématique » comme le groupe préfère se décrire. Les compositions ne sont pourtant pas surchargées comme on pourrait le penser. Suasion est parvenu à épurer ses morceaux pour offrir de nombreux passages incisifs, aguicheurs à l’oreille. À l’instar de Elevated avec son jeu de batterie efficace, sa voix entraînante et ses touches électroniques qui maintiennent la tension du morceau. On peut aussi citer Paralized, plus expérimental dans sa production et les sonorités qui sortent du mixage. Puis à la volée : The Grace, Stoneheart et Fragile. Une tracklist qui permet d’enchaîner toutes les pistes dans leur ordre comme de mettre en avant certains morceaux, sans pour autant résumer l’album en un seul titre.
Suasion 1.0 à vécu, vive Suasion 2.0 ! les quatre gars s’y sont donnés à cœur joie pour réussir à exprimer, mais surtout canaliser et polir leurs envies et inspirations. Le pari aurait pu être risqué en allant trop vite, mais Stardust tient ses promesses et peut rendre le groupe fier. Un nouveau départ qui permet d’explorer de nombreuses pistes futures. Attention peut-être à ne pas trop se perdre en voulant trop se faire plaisir, c’est la chose qu’on souhaite à Suasion.
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