Si le choix d'un titre aussi long pour un album sans chant et parole fait peser un voile mystérieux sur le disque, le projet qui repose sur les épaules de Damien Polfliet, livre sept titres qui restent eux concis et oscillent grosso-modo entre quatre et six minutes.
Paradoxalement, on s'éloignant d'un son de guitare et d'un jeu plus Stoner, TARS s'allège tout en consolidant son orientation Post-Metal. Il s'agit certes d'une version light, moins pesante mais pourtant bien typé du genre.
D'ailleurs les riffs, même si ils pèsent moins lourds, en rappellent d'autres bien plus écrasants. Les structures des compositions renforcent également cette impression. C'est assez flagrant avec Purple And Black qui sonne comme un classique de AMENRA, quelques tonnes de souffrance en moins.
Cette légèreté ne pose aucun problème. TARS ne fait pas du 0% de gras mais du 90% d’honnêteté. Au contraire dans une surenchère de rouleaux compresseurs, avoir une formule moins épaisse sans nécessairement faire de l'aérien permet sans nulle doute de se démarquer. On reste en terrain stylistique connu mais on s'offre une nouvelle vision du genre.
Derrière les sentiers battus arpentés pour ce voyage à travers l'espace et le temps, TARS tente aussi quelques chemins de travers. Certes avec prudence en règle générale mais quand il s'agit de la basse et du rythme qui profitent pleinement de cette densité limpide, TARS ose et se distingue encore un peu plus.
Travaillant instinctivement, on devine la part consciente et inconsciente de Damien Polfliet dans sa démarche créatrice. Celle qui nous rappelle les bases fait très certainement référence à un bagage intériorisé d'influences et celle qui se distingue rejoint la part réfléchie et volontaire d'exprimer ou de s'exprimer.

Tars