Reportage

Werchter Parklife entre chaud et froid

Werchter (Werchter), le 28-06-2026

Lundi 29 juin 2026




Dimanche 28 juin, direction la célèbre plaine de Werchter pour un rendez-vous qui affichait sold out depuis longtemps : la venue de Linkin Park
Linkin Park


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pour la première « vraie » mouture du Werchter Parklife après les concerts de l’été 2021, sous le même nom mais en mode Covid.


Notre première inquiétude remontait à la veille. En effet, le samedi soir, les organisateurs ont dû mettre un terme à Werchter Boutique (et donc, annuler le concert de Katty Perry) en raison des violents orages sur le point de secouer la région. Fort heureusement, aucune conséquence pour notre venue qui a pu se tenir sans encombre. Soulagement.

Pour ce Parklife, les organisateurs annonçaient « un positionnement rock et rock alternatif » pour coller à l’univers de Linkin Park
Linkin Park


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. Vraiment ? Si le duo de Phantogram a su gentiment échauffer la plaine flamande sur le coup de 13h45, c’est une heure plus tard que la canicule a redoublé d’intensité avec l’arrivée de Landmvrks
Landmvrks


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. Chauffés à bloc, les Marseillais n’avaient que 45 petites minutes pour « faire leurs preuves » (si tant est qu’ils doivent encore les faire) mais c’est un nouveau tour de force qu’ils ont offert au public, réalisant un exploit que peu ont réussi jusqu’alors : faire VRAIMENT pogoter la foule de Werchter. Un pit survolté donc, pour un set flamboyant. Sans l'ombre d’un doute, Landmvrks fait partie des tous grands groupes de sa génération, s’imposant de plus en plus comme un incontournable de la scène metalcore d'abord française, mais aussi internationale.

On regrettera par contre une accréditation photo en demi-teinte qui ne nous aura pas permis de shooter les deux grands noms de la soirée. C'est le jeu ma p'tite dame, mais ça n'en reste pas moin décevant...

Mais alors qu’on se remet de nos lunettes mortes dans le pit et d’un soleil qui tabasse, l’ambiance va radicalement changer. Se succèdent sur scène Zwangere Guy et Clipse, deux moments rap dont on cherche encore à comprendre la venue. Si Guy parvient tout de même à garder la foule chaude, il en perdra néanmoins une partie avec son rap néerlandophone qui aurait probablement davantage collé à une tête d’affiche plus urbaine, malgré une présence scénique indéniable. Clipse n'en dira pas autant avec son show d'une heure et d'une longueur plus que palpable. Un set plat, dont chaque morceau ressemblerait à s'y méprendre au précédent, avec ce même bruit d’explosion envoyé par le DJ à chaque transition. Long. Très long. Trop long. Le pit s'est vidé à une vitesse folle, confirmant donc un désintérêt général. Concert oubliable.

Heureusement, la soirée commençait à peine et entre deux pauses fraîcheur, l’ambiance remontera très vite avec Papa Roach
Papa Roach


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. Figure incontournable du nu-metal depuis plus de 30 ans, Papa Roach enflamment chacune des scènes qu’ils foulent. Emmenés par le charismatique Jacoby Shaddix, les Américains délivrent une performance aussi solaire que solide, ouvrant le set par le très efficace Even If It Kills Me. Ils offriront aux 60 000 personnes présentes une sorte de best of redoutable passant de Scars à Help et finissant par le cultissime Last Resort. Bonheur immense aussi après un petit tour dans leur « nu-metal time machine » avec des mini reprises de Blind (Korn
Korn


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) ou encore Break Stuff (Limp Bizkit
Limp Bizkit


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). Mention spéciale pour Brixton Shaddix, le digne fils de son père et son passage remarqué sur BRAINDEAD. De quoi faire pâlir certaines stars contemporaines !

Bref, pile la dose de nostalgie dont on avait besoin avant le plat de résistance. Il est 22h10 lorsque la pluie commence à tomber et que les lumières s’éteignent sur scène. The Emptiness Machine lance les hostilités avec une force particulièrement intense. Emily Armstrong se montre prête à en découdre. En tournée depuis pratiquement deux ans, Linkin Park cartonne et défonce tout sur son passage avec ce come-back (si on peut encore l’appeler ainsi en 2026). Burning Down, What I’ve Done, Somewhere I Belong, Heavy Is The Crown, Faint, In The End ou encore Numb/Encore,... pas un seul morceau de la setlist ne tombe à plat. On pourrait presque dire que tous sont des tubes, tout simplement. Les nouveaux comme les anciens titres se succèdent avec efficacité dans un set parfaitement rodé (peut-être un peu trop par moments). Si on regrette parfois la longueur de certaines transitions, on souligne cependant la générosité du groupe qui s’offrira plusieurs bains de foule toujours bien appréciés des fans.

Encore régulièrement les yeux rivés sur son prompteur, Emily Armstrong n'en est pas moins devenue la chanteuse de Linkin Park et non plus la « remplaçante de Chester » comme on a pu le lire à de (trop, hélas) nombreuses reprises. Les reins solides, la chanteuse a trouvé sa place, l’assume et elle le rend bien à son public. C’était fort, c’était beau et ce concert de LP à Werchter nous a rapidement fait oublier les petites erreurs de programmation de la fin d’après-midi. Nous voila repartis la tête pleine de moments de furie, de chaleur et de nostalgie qui resteront gravés un moment dans nos esprits.
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