S'il y a bien un groupe de la scène doom-sludge qu'on ne doit plus présenter, c'est sûrement Ufomammut. Un an presque jour pour jour après leur dernière venue au Magasin 4 à Bruxelles, le trio italien revenait en Belgique mais à Anvers cette fois. Pour l'occasion, le bar du Trix, situé à l'étage, était peuplé d'amateurs d'ambiances lourdes et pesantes. Il faut dire, pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore le combo rital que sa spécialité, c'est la maçonnerie! Ces mecs-là construisent un mur de son résistant à toute épreuve!
Avant cela, les Belges de Statue avaient le privilège d'ouvrir la soirée. S'il est presque encore inconnu au-delà de la frontière linguistique, ce combo originaire d'Hasselt, dans le Limbourg, mérite un sacré coup de chapeau. Composé de 5 guitares, d'une basse et d'une batterie, Statue nous a pondu un noise rock ambiant et purement instrumental de grande volée.
Dans un style très floydien, Statue, ça commence doucement, très doucement, et ça se termine dans une orgie de décibels contrôlée à la perfection. Sans fausse note, le groupe aura été la bonne surprise de la soirée. Si les cinq guitaristes auront impressionné par la justesse de leur jeu, notre coup de coeur ira cependant au batteur du groupe, qui, lors des envolées les plus puissantes aura martyrisé ses fûts jusqu'à en casser une baguette, le tout en totale maîtrise de son instrument.

(photo prise au Magasin 4 le 26 avril 2012)
Actif depuis 1999 et ayant pondu deux derniers albums acclamés par la presse internationale, la carrière de Ufomammut ne cesse de collectionner les bonnes notes. Devenus une référence dans le monde du doom/sludge ambiant, les Italiens, qui au passage ont signé sur le label de Neurosis en septembre 2011, auront, comme à leur habitude, répondus aux attentes! Si leur set commence très calmement, les trois ritals auront vite fait de monter le volume et de passer à la vitesse supérieure.
Déjà dans le public les têtes, principalement chevelues, se mettent à tanguer d'avant en arrière. Toujours en toute simplicité, la musique de Ufomammut, en restant des plus minimalistes, se veut puissante, dure et envoûtante. Les morceaux se font parfois plus psychédéliques, comme les extraits sortis du premier volet de Oro par exemple, ou parfois ultra puissants, à l'image de l'Opus Alter, la suite du premier Oro. Mais si il y a bien un qualificatif que l'on peut donner à Ufomammut en toute circonstance, c'est bien celui d’hypnotique!
Pendant près d'1h30, les trois ritals auront assommé le public anversois en le mettant au pied d'un mur sonore d'une solidité impressionnante. Pas de doute, en les faisant signer dans leur écurie, les mecs de Neurosis ont eu un bon flair. Hier soir, malgré une basse qui aurait pu être un poil moins puissante (on a dit un poil hein!), Ufomammut a rempli ses deux objectifs à savoir: construire un mur de décibels et foutre une claque au public.

Ufomammut
Statue
Neurosis