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Live report 06-06-2013 par Peps 5 min de lecture

Un extraterrestre nommé Joe Satriani...

Hier soir le Cirque Royal accueillait sans doute l'un des meilleurs ambassadeurs de la six cordes au monde. Joe Satriani himself était de passage dans la capitale belge à l'occasion de sa tournée mondiale dédiée à la promotion de son dernier album solo, Unstoppable Momentum, sorti début mai.

Si la très belle salle du Cirque Royal n'était malheureusement pas comble, ce n'était bien entendu pas parce que l'affiche n'était pas alléchante, mais bien à cause du prix demandé pour obtenir l'un des précieux sésames. Entre 50 et 70 euros la place, hier soir, pour jouir du spectacle, une chose est sûre, il fallait avoir des bourses bien pleines.



©Rudy De Doncker

Hormis ce sérieux défaut, les (riches) heureux élus présents hier soir en auront certainement eu pour leur argent. Avant de se prendre une overdose de riffs signés Satriani, la soirée nous réservait une excellente surprise par la découverte de Oli Brown. Après avoir assuré les premières parties d'un monument du blues en la personne de John Mayall, voilà que le jeune prodige reçoit le privilège d'être choisi par Satch, alias Joe Satriani, pour l'épauler lors de ses dates européennes. Accompagné d'un batteur et d'un bassiste, ce jeune guitariste originaire de Grande Bretagne aura sans nul doute bluffé le public bruxellois. Avec un blues rock époustouflant, Oli Brown, dont le choix de se tourner vers la guitare a été, tout comme pour Satriani, dicté par l'influence d'un homme nommé Jimi Hendrix, venait nous présenter hier soir déjà son troisième album. Un nom à suivre, on vous le dit.

Cependant, si le public présent dans la salle a certainement apprécié le set du jeune Oli Brown à sa juste valeur, toutes et tous attendaient de voir arriver la star de la soirée. Confortablement installés dans leurs fauteuils, pour 70 euros, oui on est même assis, les 2000 amoureux de la guitare auront dû patienter jusque 21 heures pour entendre les premières notes jouées par Mister Satriani.


©Rudy De Doncker

Les lumières s'éteignent, le public applaudit. Du haut de son tabouret, Marco Minnemann est le premier à émettre un son. Si pendant les deux heures qui suivront, la grande majorité des paires d'yeux présentes dans la salle allaient être rivées aux dix doigts de Satriani, durant deux minutes elles auront toutes été accrochées aux baguettes de cet homme. Son entrée en matière, à travers un solo de batterie extraordinaire, aura, à elle seule, valu le déplacement.

Le crâne fraîchement rasé et les lunettes de soleil bien accrochées aux oreilles, Joe Satriani arrive simplement sur scène en nous balançant comme premier morceau "Devil's Slide", un titre sorti de son album Engines of Creation. Celui-ci sera suivi d'un classique de la carrière du Guitar Hero de 56 ans, à savoir "Flying in a Blue Dream". Un titre sorti de l'album éponyme datant de 1989, la période où Joe affichait déjà un tallent indéniable ainsi qu'une coupe de cheveux telle qu'il n'en aura plus jamais.


©Rudy De Doncker

Si durant tout le concert on aura pu se délecter des prouesses techniques de Satriani, nous aurons pu également constater que Unstoppable Momentum, son dernier disque sorti même pas un mois avant ce concert et dont nous aurons entendu la quasi-totalité, est effectivement loin d'être l'un de ses plus mauvais, ou plutôt l'un de ses moins bons. Tout en finesse et pourvu de passage ultra pêchus, ce disque se révèle en fait être une réelle oeuvre et non un énième album signé par le créateur du G3, ce groupe concept au line up variable mais toujours composé des 3 meilleurs guitaristes de la planète.

Durant tout le concert, nos jambes n'auront cessé de fourmiller et de gigoter contre le dossier de notre voisine de devant. Ce n'est cependant que lors du rappel que le Cirque Royal restera enfin définitivement debout après avoir offert une première standing ovation à ce prof de guitare qui, faut-il le rappeler, a compté parmi ses élèves des gens comme Steve Vai, Kirk Hammett (Metallica) ou encore Larry LaLonde (Primus). Une libération.


©Rudy De Doncker

Enfin debout, le public s'est empressé de rejoindre les premiers rangs (les plus chers, diront les mauvaises langues) qui leurs avaient été interdits par les deux gorilles chargés de la sécurité. Toujours est-il que les derniers morceaux joués par Satriani auront pris une ampleur différente avec ce public pouvant enfin se lâcher et osant s'exprimer moins timidement que durant la quasi totalité du concert.

Après un show de deux heures durant lequel nos tympans auront su ce que le concept de perfection sonore signifie, Satriani quitte définitivement les planches du Cirque après nous avoir gratifié d'une version magique de "Rubina", ce titre dédié à sa femme et qui est issu de son premier album solo Not of This Earth sorti en 1986.

Si nous ne saurons toujours par à combien sont assurées les phalanges de ce virtuose, nous aurons néanmoins appris une chose hier soir: la perfection, même si elle a un prix démesuré, fait bien partie de ce monde.

Encore Joe Satriani

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