Construit en 1928, le De Roma était à l'origine une grande salle de cinéma et de spectacle pouvant accueillir 2000 personnes. Jusqu'en 1982, année de sa fermeture, la salle était l'une des plus réputées de la région. A partir de ce moment-là, le De Roma fût laissé à l'abandon pendant des décennies, tout comme ce fût malheureusement le cas pour le quartier dans lequel la salle se trouve. Mais il y a 10 ans, en 2003, un collectif du quartier décide de se donner le défit assez fou de rénover la salle et de lui redonner la place qui était la sienne, à savoir la faire redevenir un haut lieu de la culture anversoise. Et même si quelques travaux (déjà programmés pour 2015) semblent encore plus que nécessaires, le pari semble déjà plus que réussi!

Toujours est-il qu'hier soir, Steve Vai a redonné belle allure au De Roma! Venu en formation normale, à savoir accompagné par un guitariste, un bassiste et un batteur, Vai avait cette fois laissé l'orchestre au placard. L'homme qui, parfois, peut se lancer dans des soli, que seuls les fans les plus avertis peuvent apprécier, semblait avoir mis l'accent sur l'accessibilité de sa musique et c'était tant mieux! Les quelques centaines de personnes présentes hier soir dans la salle ont donc pu apprécier à sa juste mesure l'oeuvre de ce génie de la guitare qu'est Steve Vai.
Du haut de ses 53 ans (déjà!), Steve Vai, plus qu'à l'aise sur les planches, ne peut cacher les influences qui l'ont bercé tout au long de sa déjà très longue carrière. Si l'homme a son style bien à lui, ses passages entre les mains expertes (elles aussi) de Joe Satriani, de Frank Zappa ou encore de David Lee Roth ont laissé chez lui des traces plus qu'indélébiles.
Pendant près de trois heures (2h45 pour être exact), Vai a fait voyager le De Roma à travers les différentes époques de sa carrière. Que ce soit au moyen de mélodies entraînantes comme sur l'excellent titre "Racing The World" issu de son dernier album, The Story Of Light, sorti en août 2012 ou via des mélodies plus calmes à l'image du morceau acoustique "Sisters" sorti de l'album Passion and Warfare qui date, lui, de 1990, Steve Vai nous donne une leçon: la musique est simplement une affaire d'émotions.
En plus d'être un virtuose hors paire, Steve Vai fait également partie de ces musiciens pour qui l'expression "avoir le sens du spectacle" veut dire quelque chose. Si l'homme flirte parfois avec burlesque, il n'hésite pas non plus à se mettre lui-même en scène. Après un solo magistral de batterie donné par Jeremy Colson, Vai revient sur scène harnaché d'un costume composé de toute une série de lasers et de néons. C'est dans cette tenue qu'il interprétera "The Ultra Zone", un morceau sorti de l'album portant le même nom datant de 1999. Fantastique!
Après avoir fait monter sur scène quelques personnes du public pour le traditionnel "Bild Me a Song", Vai nous offrira sans doute ce qui reste l'un de ses plus beau morceaux en nous interprétant "For The Love Of God". Après un titre de rappel, l'homme mettra un terme à cette prestation qui, à l'image de la salle dans laquelle elle se tint, fût tout simplement magique!
Steve Vai