
En ouverture de soirée, un autre duo guitare - batterie, belge celui-ci, était également au programme. Les Montois de Petula Clarck s'étaient installés en plein milieu de la salle afin de faire ce qu'il savent faire de mieux: un rock/punk décousu, pas sérieux pour un sous, mais si amusant. Rapprochant le public d'eux par tranches de 20 centimètres, les deux cocos de Petula Clarck nous auront retourné les tympans pendant une bonne demi-heure. Il n'en fallait pas plus pour les apprécier à leur juste valeur.
Plus tard dans la soirée, Drenge, dont les instruments sont, eux, montés sur la scène, fait son entrée. Le visage poupon des deux "boys" prête à sourire, mais ceux-ci mettent tout le monde d'accord une fois leurs premières notes jouées. Ces deux gamins-là tout frêles et tout maigrichons soient-ils et dont la peau est encore vierge de tout tatouage sont nés, pour le plus grand, 3 ans avant le suicide de Kurt Cobain, ce qui ne semble pas les avoir empêché de bouffer du Nirvana durant leur enfance. Entre un grunge et un le rock'n'roll assez couillu, la musique que distille le duo est directe. Rory, le benjamin, martèle ses fûts sans ménagement tandis que son aîné, Eoin, nous sort des riffs de gratte métalliques comme on les aime.
Même si un duo guitare-batterie a ses limites, celles-ci semblent tout de même assez larges pour nos deux rock stars en devenir. A l'image d'un autre duo du même style, on pense ici à Black Box Revelation, les frères Loveless balancent une patate d'enfer. La voix de Eoin, le guitariste également chanteur, se fait moins rocailleuse que celle de Jan Paternoster, le vocaliste des Black Box Revelation, mais elle n'en est également pas moins excellente. Le petiot, s'il a encore sûrement une belle marge de progression, nous a prouvé hier soir qu'il fait déjà bien plus que se débrouiller.
Les deux frangins enchaînent les titres de leur album les uns à la suite des autres. Entre deux morceaux les lèvres du plus grand ont du mal à laisser échapper un mot à l'attention du public. Le plus jeune, lui, reste prostré derrière sa batterie sans broncher, ce qui donne lieu à de grands moments de silence dans la salle qui n'est remplie qu'à moitié. Le flegme britannique sans doute. Hormis ce léger manque de communication, les deux frères auront fait office de bonne découverte et quelque chose nous fait dire qu'on risque bien d'entendre encore parler d'eux dans le futur tant ces deux baby rock stars made in England puent le talent à 20 bornes.
Drenge
Petula Clarck