C'est une Ancienne Belgique dans sa configuration box qui a accueilli mercredi soir les 'Ricains de Monster Magnet et les Jap's de Church of Misery. Une affiche plus qu’alléchante pour les amateurs de hard rock couillu de chez couillu qui, il faut dire, auront été bien gâté! Si il y a quelques années beaucoup ne donnaient plus très cher de la peau du groupe emmené par Dave Wyndorf, depuis quelques temps celui-ci semble avoir trouvé un nouveau souffle. Résultat: Monster Magnet est redevenu un incontournable dans le style. Le 7 décembre 2012, le groupe avait déjà donné une prestation plus que correcte lors de son dernier passage à l'AB. Ensuite, un peu plus d'un an plus tard lors des Lokerse Feesten de 2013, c'est un Monster Magnet carrément survolté que l'on avait retrouvé entre Alice Cooper et Deep Purple sur la scène du Grote Kaai. Hier, ce qu'on a vu et entendu n'a pas du tout été à l'encontre du niveau affiché ces dernières années par Monster Magnet qui nous balancé, une fois encore, un set d'une très grande qualité.

Church of Misery
Il est à peine 19h30 quand les Nippons font leur entrée. La basse pratiquement sur les pieds, Tatsu Mikami, seul membre d'origine, nous balance un son fracassant dont les ondes font vibrer les enceintes de l'AB. Le ton est donné, ces drôles de curés de l'église de la misère vont nous envoyer un sermon dont on risque bien de se souvenir. De son côté le chanteur du groupe semble complètement habité par sa musique. Son corps ondule diaboliquement au rythme des riffs de basse et de guitare et son chant, dans la plus pure tradition du doom, donne encore plus de profondeur et de puissance à cette musique qui pourtant n'en manque déjà absolument pas. Les paroles, elles, parlent de tueurs en série et de tueries, bref leurs prières, bien qu'on ne les comprenne pas vraiment, nous changent du "Notre père". Voilà du glauque à la japonaise, mais putain qu'est ce que c'est bon! Créé en 1995 dans la ville de Tokyo, Church of Misery, au même titre que Sigh par exemple, fait partie de ces petits ovnis que nous envoient les hommes du pays du soleil levant. Avec cinq albums au compteur, dont les deux derniers sont sortis sur Rise Above Records, Church of Misery ne privilégie pas la quantité par rapport à la qualité. Bien que des plus sombre, la musique distillée par le combo japonais n'a absolument pas fait tâche dans le temple bruxellois de la musique. En à peine 40 minutes nos prêtres japonais ont impressionné. Et d'ailleurs, même s'ils gagneraient à jouer dans une salle plus petite, ce qu'il feront à Anvers ce samedi 15 février au Kavka, l'ovation que leur a réservée le public déjà présent dans la salle n'a fait que souligner la qualité de ce que l'on a entendu.

Monster Magnet
Sur scène, quelques amplis et un drap sur lequel est projeté le logo du groupe, Monster Magnet se déplace léger, comme à son habitude. Car si avec eux le décor est toujours assez maigre, leur musique est bien assez lourde comme ça et se suffit à elle-même. Last Patrol, leur dernier album est sorti en octobre 2013 et marque la confirmation que le groupe est bel et bien de retour. Alors qu'en 2006 Wyndorf se battait encore avec ses propres démons, tout le monde pensait le groupe définitivement en perdition. Mais force est de constater que le Dave, même s'il a un caractère de cochon et un égo surdimensionné, fait partie de ces increvables monstres du rock et a bien remonté la pente.
Reparti en superstar de la scène des Lokerse Feesten en août dernier sur laquelle le groupe venait de livrer une prestation comme il n'en avait plus donnée depuis des lustres, le Dave nous est arrivé hier soir fidèle à son image, le petit regard bourré de fierté qui ne disait qu'une seule chose: "Hey, vous allez voir ce que vous allez voir!". Et dès les premiers instants du concert, nous revoilà complètement bluffé. Ne boudant pas un dernier album d'excellente qualité, Monster Magnet nous aura joué la totalité de son dernier opus. A la fois puissant et totalement envoûtant, même s'il n'est pas encore connu de tous, Last Patrol a embaumé l'AB de ce doux parfum sonore propre au stoner développé par Dave Wyndorf et ses acolytes. La magie fait son effet, après les neuf titres de l'album, le public en redemande.

Monster Magnet
Vient alors un mini best of de la période la plus glorieuse du groupe, celle allant de 1993 à 1998. A ce moment là, Monster Magnet nous sort trois albums d'anthologie: Superjudge en 1993, Dopes to Infinity en 1995 et Powertrip en 1998. Ce dernier album, sur lequel on retrouve entre autre le tube "Space Lord", reste d'ailleurs le plus vendu du groupe à ce jour. Le son un peu plus léché de Last Patrol laisse place au stoner gras qui a fait la marque de fabrique du combo originaire du New Jersey. "Twin Earth" (Superjudge) ouvre le bal et le public commence alors une danse un peu plus musclée que celle provoquée par les émanations psychédéliques de la première partie du set. S'en suivent "Look to Your Orb for the Warning" et "Dopes of Infinity". Sur le premier morceau, les poings se lèvent au rythme des accords de guitare et les têtes basculent d'avant en arrière. Wyndorf, dont le blouson de cuir n'a toujours pas quitté les épaules, part dans des envolées dont lui seul a le secret. "Dopes of Infinity", la plage éponyme du troisième album du groupe, termine le travail. Aux avant postes celles et ceux qui chauffent leur place contre la scène depuis 19h ont du mal à rester en position. Bah oui, Wyndorf, lui les barrières de sécurité il n'aime pas ça et d'ailleurs il n'en veut pas!
En guise de final, tout le monde s'y attend et tout le monde l'attend, Monster Magnet nous balance son plus gros tube: "Space Lord". Dans quelques vapeurs d'herbes et surtout dans des vagues humaines (on en a même vu un se rouler à terre), Monster Magnet met un terme à un set qui fût une nouvelle fois d'une toute grande qualité. Si certains ne pensaient pas revoir le Dave et ses zicos en si bonne santé, ben c'est raté. Force est de constater que Wyndorf à beau avoir 57 balais et avoir pas mal consommé, ben il pète la forme. Voilà donc un Monster Magnet tout frais, tout beau pour fêter cette année ses 25 ans de carrière tout de même...

Monster Magnet
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Deep Purple