C'est en interprétant "Fuck You", morceau que l'on retrouve sur True North, leur dernier album sorti en janvier 2013, que la bande à Greg Graffin débute son show. On est alors parti pour 1h30 de punk US à l'ancienne. Sur scène, le groupe se suffit à lui même. Pas de décor, par de mise en scène. Bad Religion veut rester vrai et se fout pas mal du superficiel. Malgré le fait d'avoir imposé un photo pit aussi large que le boulevard Anspach, le groupe reste toujours autant anti-conformiste et rebelle qu'en 1979, année de sa création. En témoignent les nombreux titres aux messages engagés socialement et politiquement que nos cinq musiciens nous balanceront tout au long de leur set.

Du côté du line-up on retrouve un Greg Graffin à la voix encore nette, bien qu'ayant perdu en puissance. Du côté des guitares, Brett Gurewitz, guitariste emblématique du groupe semble avoir définitivement décroché de ses problèmes de drogues, même si son visage nous rappelle ses excès. En fermant les yeux, on se rend cependant compte que la hargne de ses riffs n'a pas changée. Ça accroche toujours autant que par le passé! Pour ce qui est de la setlist, Bad Religion a le choix! Avec 16 albums au compteur, il s'avère même cornélien! Mais l'avantage du punk est là! Les morceaux étant d' une durée relativement courte, et bien, on en a plus! Cela permet à ces jeunes quinquagénaires de faire le tour de leur discographie. De "Los Angeles is Burning", titre sorti en 2004 sur l'album The Empire Strikes First à "21st Century (Digital Boy)" qui date, lui, de 1990 et du cinquième opus du groupe, Bad Religion voyage à travers les époques.
Mais si nos papys du punk se font plaisir en piochant à droite à gauche dans leur passé, proche ou lointain, il y a un album que les fans affectionnent tout particulièrement et ça n'échappe pas à nos Californiens. Lorsque Greg Graffin demande à son public qui se souvient de Suffer, les bras se lèvent comme un seul et le public se réveille de plus belle. Le troisième album du groupe, sorti en 1988 reste sans doute l'un de ses meilleurs et c'est donc tout naturellement que Bad Religion nous en interprète quelques titres. "You are the Governement", "Suffer", "How Much Is Enough" ou encore "Do Wat You Want" restent des hymnes punks dont le message n'a pratiquement pas pris une ride! L'AB exulte.
Après 1h30 de show, Bad Religion nous revient encore pour trois petits brûlots, de quoi rassasier, ou presque, la majorité du public. Au final, même si sa musique reste répétitive, et malgré un manque de proximité avec son public, force est d'avouer que Bad Religion reste LA référence dans son domaine. A 22h30, le coup est net et sans bavure, on s'en repart avec le sentiment d'avoir vu un groupe qu'il faut au moins avoir vu une fois dans sa vie. Check! Au suivant!

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