
Ce samedi caniculaire de cette fin de mois de juillet n'échappait pas à la règle, ou plutôt au label de qualité que l'on pourrait décerner aux gigs organisés dans la petite maison de jeunes de Kessel-Lo. Au programme, les Belges de Rivercrest et leur stoner ambiant aux relents de jazz ouvraient la soirée. Original, surtout grâce aux apports de son saxophoniste largement mis en avant-plan, Rivercrest n'aura cependant pas vraiment fait décoller l'ambiance. A vouloir trop en faire, on finit par s'y perdre. Bah oui. C'est ensuite au tour de Rose Windows, combo de stoner psyché originaire de Seattle de monter sur les planches. Et là, PAF, on tombe amoureux!
Emmené par Rabia Shaheen Qazi, chanteuse aux courbes resplendissantes et à la voix douce comme le miel, Rose Windows aura bercé le Sojo une bonne heure durant. A la fois douce et puissante, tantôt aux influences indiennes, réminiscences de l'époque hippie, tantôt carrément dévastatrice, la musique développée par Rose Windows ne laisse pas indifférent. Avec un album sous le bras, The Suns Dogs (2013), et un autre en préparation, Rose Windows n'a certes pas (encore) une discographie élastique, mais a le mérite d'avoir sérieusement privilégié la qualité à la quantité. Entre cette voix magique, qu'est celle de Rabia Shaheen Qazi, ces accords de guitare tantôt à la manière de Ravi Shankar, tantôt rappelant le jeu de Tony Iommi, et ce jeu de flûte traversière apportant encore plus de douceur, la musique de Rose Windows transporte l'auditeur dans une autre dimension.
Naturelle, discrète, et voire presque timide, Rabia Shaheen Qazi est à l'image de la musique du groupe: entière et humble. Après un peu plus d'une heure de show, Rose Windows se retire, certainement conquis par l'endroit et peut s'enorgueillir de mettre un point d'orgue d'une bien belle manière à sa première venue en Belgique, qui, on l'espère, ne sera pas la dernière! Mais pour cela, on fait confiance à Ben et Sara du collectif Orange Factory Belgium...