Dans leur sillage, les Bretons avaient emmené les Belgo-Français de Corbillard histoire d'assurer le service funéraire et la mise en bière. Avec l'énergie débordante qui les caractérisent les quatre lascars ont également prouvé qu'ils en avaient sous le pied. Dans une bonne humeur et une sacrée odeur de sueur, notre Corbillard venait nous conduire pour un dernier voyage qui fût assez mouvementé. La pédale d'accélérateur enfoncée et le bouton de l'autoradio tournée au maximum, le disque qui passe c'est Enfoncer le clou, la dernière rondelle du groupe fraîchement sortie chez Panda Records et 2K10 Records. A les voir sur scène, les lascars de Corbillard prennent un pied d'enfer à malmener notre dépouille qui brinquebale dans sa caisse à l'arrière de leur break. Avec un sourire jusqu'aux oreilles nos quatre croque-morts assènent un coup puissant et bien donné, pratiquement fatal pour un public qui, bien sûr, en redemande.

(photo prise au Durbuy Rock Festival - avril 2014)
Après cette claque nette et sans bavure, c'est au tour des Bretons de Tagada Jones de venir porter le coup de grâce au public bruxellois. "Ce soir on va faire la fête pour les 20 ans du Magasin 4. Mais ce concert, on le dédie à notre pote Schultz qui vient de partir là-haut!" Schultz, chanteur de Parabellum partait, en effet, quelques jours plus tôt, emporté par une embolie pulmonaire. Le punk français est en deuil, mais la fête continue. Les écrans s'allument. Les amplis crachent leurs décibels. La bande à Niko retourne le Magasin 4 en dix secondes chrono. Dès les premières notes un pogo géant se forme dans la salle et ne s'arrêtera qu'une heure plus tard. Car si leurs petits frères de Corbillard avaient déjà mis une sacrée patate dans le hangar du Magasin 4, Tagada Jones l'atomise littéralement. Avec une énergie qui fait penser à celle que dégagent les vétérans new yorkais de Biohazard, Tagada Jones impressionne, même 20 ans après leurs débuts.
Sans presque aucune pause, Niko et ses acolytes enchaînent les morceaux les uns à la suite des autres. Avec un rythme quasi épileptique Tagada Jones traverse les différentes époques de sa carrière tout en n'oubliant pas de donner la part belle à Dissident, son dernier opus sorti en février de cette année. Avec des textes toujours aussi tranchants, les Bretons chantent et crient les maux de la société. Après une heure, retour par la case coulisse. Job, le batteur, revient. " Si vous voulez qu'on se casse, il faut le dire!" Le Magasin 4 remue de plus belle, les lampes se rallument et les quatre Français refont leur apparition. "Faites du bruit pour Schultz", balance Niko. Voilà "Osmose 99", une reprise de Parabellum. Dans la salle c'est le chaos. Des mecs gluants de transpiration sautent depuis la scène et nous glissent entre les mains, la bière vole par terre et en l'air. Il fait chaud, très chaud. Avec un set tout à leur image, les Tagada Jones se seront livrés comme à leur habitude, en entier. Mais les habitués de la salle ne s'y trompent pas, hier Tagada Jones nous aura balancé là un show qui sera à placer parmi les meilleurs qu'aura connus le hangar de l'avenue du Port, certainement!

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